«Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays», une nouvelle tribune de militaires publiée


Des militaires Sentinelle en patrouille à Nice (Alpes-Maritimes), le 7 mars 2018. (Illustration/bellena/shutterstock)

Une nouvelle tribune de militaires a été diffusée par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles ce dimanche. Contrairement au premier texte qui avait provoqué une polémique, il s’agit cette fois d’une tribune rédigée par des militaires qui sont tous en activité et qui est également ouverte aux signatures.

La tribune publiée par Valeurs Actuelles s’adresse directement au président de la République Emmanuel Macron mais également aux ministres, aux parlementaires et aux officiers généraux.

« Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité qu’on les respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné l’honneur ces dernières semaines », peut-on lire en introduction, au sujet de la première tribune publiée le 21 avril dernier par « une vingtaine de généraux, une centaine de haut gradés et plus d’un millier d’autres militaires », qui appelaient le chef de l’État à défendre le patriotisme, tout en se disant « disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation ».

« Ce sont ces milliers de serviteurs de la France, signataires d’une tribune de simple bon sens, des soldats qui ont donné leurs plus belles années pour défendre notre liberté, obéissant à vos ordres, pour faire vos guerres ou mettre en œuvre vos restrictions budgétaires, que vous avez salis alors que le peuple de France les soutenait », continue le texte.

« Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre d’entre nous ont connu le feu ennemi. Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol », soulignent les militaires. « Nous avons défilé le 14 juillet. Et cette foule bienveillante et diverse, qui nous acclamait parce que nous en sommes l’émanation, on nous a demandé de nous en méfier pendant des mois, en nous interdisant de circuler en uniforme, en faisant de nous des victimes en puissance, sur un sol que nous sommes pourtant capables de défendre. »

« Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme »

« Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme », déplorent ces militaires, qui ont souhaité rester dans l’anonymat.

« Cette déchéance, nous l’avons vue dans bien des pays en crise. Elle précède l’effondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas d’un « pronunciamento militaire » mais d’une insurrection civile », préviennent-ils.

« Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays »

« Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera. C’est même la définition de la guerre civile », peut-on ensuite lire. « Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne s’agit pas, cette fois, d’émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s’agit pas de prolonger vos mandats ou d’en conquérir d’autres. Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays. »

A la mi-journée, près de 110 000 personnes avaient signé ce texte indique Valeurs Actuelles.

« Contraire à tous nos principes républicains » selon Castex

Le Premier ministre Jean Castex a réagi à la publication de la première tribune et a dénoncé une initiative « contraire à tous nos principes républicains », avant d’accuser le Rassemblement national (RN), qui avait appelé les signataires à soutenir son action, de « récupération politique ». Par ailleurs, la ministre des Armées a réclamé des sanctions contre les signataires, qu’ils soient actifs ou à la retraite.

Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, avait été saisi par des parlementaires de la France insoumise (LFI). Le parquet a rejeté leur demande, estimant qu’il n’y avait aucune infraction pénale.