«Ils étaient là pour tuer» affirme Yann, le policier lynché à Paris en fin de manifestation


Yann a été roué de coups à Paris samedi 28 novembre. (capture écran vidéo @TaoualitAmar)

Un policier a été très violemment roué de coups par plusieurs agresseurs durant la manifestation contre le projet de loi « sécurité globale » ce samedi à Paris. Yann, 25 ans, a raconté ce qu’il avait vécu dans une interview à LCI.

Les faits se sont produits en fin de manifestation, appelée la « Marche des libertés » et visant à dénoncer le controversé article 24 du projet de loi « sécurité globale ». Vers 18 heures, après de nombreux incidents durant le parcours, les derniers manifestants étaient en train d’être dispersés sur la place de la Bastille, alors que la nuit était déjà tombée. Les gaz lacrymogènes étaient nombreux et il y avait beaucoup de fumées, rendant la visibilité difficile. Le climat était encore très tendu.

Un groupe de policiers étaient pris à partie et a décidé de se replier. Yann a été attaqué à ce moment-là. Jeté au sol, il a été violemment frappé par une quinzaine d’agresseurs, des black blocs. Yann raconte à LCI : « J’étais en queue de colonne. À ce moment-là, ils m’ont attrapé et poussé au sol. J’ai reçu une pluie de projectiles, mais surtout des coups de poing et coups de pied au niveau du visage et des membres. J’ai essayé de me protéger et de me relever. Mais à chaque fois, j’étais repoussé au sol ».

Le calvaire du policier de 25 ans ne s’est pas arrêté là. Plusieurs vidéos montrant son agression ultra-violente ont été diffusées sur les réseaux sociaux peu après les faits. « J’ai essayé de prendre sur moi, énormément, de me relever pour ne pas mettre en danger mes collègues, mais j’étais sonné et totalement désorienté. À un moment, je me suis dit que j’allais devoir passer à la vitesse supérieure. J’étais en danger de mort », décrit le fonctionnaire.

Il affirme avoir « pensé » à utiliser son arme

« Ils étaient là pour tuer. Il n’y avait aucun doute sur leurs intentions », affirme-t-il, avant d’avouer qu’il a pensé à faire usage de son arme de service pour se protéger. « Effectivement, j’y ai pensé. Mais en même temps, je ne l’ai pas sortie ».

Policier, « c’est ma vocation »

« J’espère que les auteurs seront retrouvés », confie Yann. Le policier qui a eu six dents cassées et qui souffre de douleurs aux cervicales explique que sa reconstruction prendra un peu de temps, affirmant être bien entouré, par ses collègues, ses amis et sa hiérarchie.

Cette agression ne changera en tout cas rien à la volonté de Yann à continuer son travail de policier, « je viens d’une famille de policier, c’est ma vocation ».