Immigration : La France divise par deux les visas accordés à l’Algérie et au Maroc


Gabriel Attal le 15 juillet 2020 à Paris. (photo Yoan Valat/POOL/EFE/Newscom/MaxPPP)

La France a décidé de réduire de moitié les visas accordés à l’Algérie et au Maroc. Les deux pays ainsi que la Tunisie refusent de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière, ce qui a provoqué cette décision du chef de l’État Emmanuel Macron.

L’information a été confirmée par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce mardi matin sur Europe 1, qui avait révélé cette décision de l’exécutif peu avant. La France a décidé de durcir le ton envers l’Algérie, le Maroc et la Tunisie. Les trois pays refusent de récupérer leurs ressortissants en situation irrégulière.

Entre janvier et juillet 2021, la justice française a prononcé 7731 obligations de quitter le territoire français (OQTF) visant des Algériens, mais seulement 22 sont repartis dans leur pays, soit tout juste 0,2% d’entre eux indiquent nos confrères. L’Algérie refuse en effet de délivrer des laissez-passer consulaires.

La France a entamé des discussions mais qui n’ont pas porté leurs fruits. Concernant le cas du Maroc, 3301 OQTF ont été prononcées, pour seulement 80 expulsions effectives (2,4%). La Tunisie a de son côté accepté le retour de seulement 4% de ses ressortissants en situation irrégulière (131 retours pour 3424 OQTF).

L’exécutif a donc choisi de prendre une sanction en divisant par deux le nombre de visas délivrés pour l’Algérie et le Maroc, et de 30% pour la Tunisie, en prenant 2020 comme année de référence. Une décision prise il y a tout juste un mois, sans qu’aucune annonce ne soit faite.

Durant les six premiers mois de l’année 2020, près de 63 000 visas ont été délivrés, pour 96 000 demandes, soit un taux de délivrance de 65%. Le chiffre a même augmenté pour la première partie de l’année 2021.

« Quand les choses ne bougent pas, nous faisons appliquer les règles »

« C’est une décision drastique, inédite, mais nécessaire », a réagi Gabriel Attal. « Il y a eu un dialogue avec un certain nombre de pays, notamment du Maghreb (…), puis des menaces, et elles ont été mises à exécution », parce qu’« à un moment, quand les choses ne bougent pas, nous faisons appliquer les règles ».