Incendie à la cathédrale de Nantes : le bénévole du diocèse est passé aux aveux, il est écroué


Un violent incendie a ravagé une partie de la cathédrale de Nantes dans la matinée du samedi 18 juillet 2020. (capture écran vidéo/DR)

Placé de nouveau en garde à vue ce samedi soir, le bénévole rwandais du diocèse de Nantes (Loire-Atlantique) a avoué être à l’origine de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul.

Un bénévole du diocèse a été mis en examen et placé en détention provisoire, dans la nuit de samedi à dimanche, dans le cadre de l’enquête ouverte après l’incendie dans la cathédrale de Nantes le 18 juillet dernier, a annoncé le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, ce dimanche.

L’homme, un Rwandais âgé de 39 ans, qui avait été placé en garde à vue samedi matin, fait l’objet de poursuites pour « destructions et dégradations par incendie », a précisé le magistrat.

Il reconnaît « avoir allumé les trois feux »

Le principal suspect dans cette affaire a d’abord contesté les faits devant les enquêteurs. Il a finalement « reconnu, lors de l’interrogatoire de première comparution devant le juge d’instruction, avoir allumé les trois feux » a indiqué le procureur. Ses motivations ne sont pas connues, pour l’heure. Il n’avait pas d’antécédent judiciaire et encourt désormais jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

Après avoir été interpellé et placé en garde à vue le jour du sinistre, ce bénévole du diocèse avait été laissé libre. Des « contradictions » avaient été soulevées dans ses déclarations, selon le procureur. Mais, « les points de contradiction qui étaient apparus ont été éclaircis. En l’état, il n’est pas impliqué dans la commission des faits », avait alors déclaré Pierre Sennès.


Un rebondissement était toutefois intervenu, ce samedi, lorsqu’il a de nouveau été placé en garde à vue.

« Mon client a coopéré », a indiqué au quotidien Le Monde, l’avocat du suspect Me Quentin Chabert, ajoutant qu’« il regrette amèrement les faits et, évoquer cela a été pour lui une libération. Il est aujourd’hui rongé par le remords et dépassé par l’ampleur qu’ont pris les événements ».

D’importants dégâts matériels

Ce bénévole, qui était chargé de fermer à clé la cathédrale la veille de l’incendie, travaillait depuis « quatre ou cinq ans » pour le diocèse de Nantes, selon le recteur Hubert Champenois.

Le sinistre a causé d’importants dégâts matériels mais n’a pas fait de blessé. Les flammes ont détruit le grand orgue et le buffet d’orgue du XVIIe siècle. Elles ont aussi ravagé un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe siècle, une partie des récentes stalles du chœur, et les vitraux de la façade, dont une partie était des vestiges de vitraux du XVIe siècle, précise Le Monde.

Cette semaine, la plate-forme sur laquelle reposait le grand orgue, et la verrière, ont fait l’objet de travaux de sécurisation.