Incendie de Notre-Dame : De nombreuses failles de sécurité et erreurs ont été relevées


(photo B. Moser/BSPP)

Alors que l’enquête sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris se poursuit, de multiples failles de sécurité ont déjà été relevées par les enquêteurs révèle Le Canard enchaîné.


La piste accidentelle est toujours privilégiée par les enquêteurs en charge de cette complexe enquête ouverte pour « destruction involontaire par incendie ont été retenus » par le parquet. De nombreuses failles de sécurité et erreurs ont été relevées par les policiers lors des premiers jours de leurs investigations selon le journal. A commencer par l’alerte donnée aux sapeurs-pompiers, 35 minutes après la première alarme incendie.

Une première alarme incendie a retenti cinq minutes après celle du détecteur de fumée, mais cette dernière a été jugée comme « fausse alerte » après des vérifications. Le régisseur et un agent de sécurité de la cathédrale envoyés sur les toits pour vérifier la véracité de l’alerte, n’auraient en effet rien trouvé.

Ces derniers ont expliqué qu’ils avaient été mal orientés par un employé du PC sécurité de la société Elitys, qui n’aurait pas correctement indiqué la zone concernée par l’alarme. Une version démentie par l’entreprise contactée par le journal.

Plus tard, le régisseur et l’agent de sécurité ont localisé le départ de feu à la base de la flèche et ont prévenu les pompiers de la présence de ces flammes, soit 35 minutes après l’alarme du détecteur de fumée.

Des ouvriers ont reconnu qu’ils fumaient sur les échafaudages

A ce stade, les enquêteurs de la Brigade criminelle privilégierait « la piste du court-circuit » et mettent en cause « les moteurs des ascenseurs des échafaudages et les boîtiers électriques nécessaires aux travaux ». Cependant, ces derniers se trouvaient loin du départ de feu explique l’hebdomadaire.

D’autre part, plusieurs ouvriers ont été entendus par les policiers. Ils ont reconnu qu’il leur arrivait de « fumer sur les échafaudages », chose formellement interdite. Les enquêteurs ont d’ailleurs retrouvé sept mégots sur les lieux.

Des fils électriques couraient dans les combles

Plusieurs responsables de la cathédrale qui ont été interrogés par Le Canard enchaîné, ont expliqué que des fils électriques couraient dans les combles de Notre-Dame, l’exposant à des « courts-circuits ». Une pratique interdite par tous les règlements de sécurité. Autre faille de sécurité, les trois cloches qui se trouvaient sous la flèche ont été électrifiées « au début des travaux de rénovation des grandes cloches des beffrois » en 2012, toujours selon le journal. Mais l’électricité n’aurait jamais été coupée.

Le jour de l’incendie, le lundi 15 avril, les cloches auraient tinté lors des messes de 8 heures, 9 heures, midi et 18h04, soit 12 minutes avant la première alerte du détecteur de fumée.

Un plan incendie non respecté

Autre point relevé : le plan incendie mis en place par la direction régionale des affaires culturelles, n’aurait pas été appliqué. Le dispositif prévoyait la présence d’un PC sécurité 24h/24, avec deux surveillants payés par l’État. Mais un seul homme était présent, seulement de 8 heures à 23 heures.

Des colonnes sèches insuffisantes

Pour le reste, les sapeurs-pompiers ont eu la mauvaise surprise de constater lors de leur délicate intervention que les colonnes sèches qui étaient censées pouvoir être raccordées en extérieur à une source d’eau, ne permettaient pas de délivrer plus de 200 à 500 litres d’eau par minute.

Un débit trop faible pour un brasier de grande ampleur explique Le Canard enchaîné. Un problème qui aurait obligé les soldats du feu à reculer avant de remonter plus tard, avec des lances plus puissantes.