Intempéries dans les Alpes-Maritimes : «soudain, la route s’est dérobée sous mes pieds» raconte le gendarme miraculé


Illustration. (photo @Gendarmerie)

Un gendarme âgé de 52 ans de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes) a été porté disparu durant la nuit de vendredi à samedi. Il raconte comment il s’en est sorti mais également la chance qu’il a eu.

Olivier Morales, 52 ans, adjudant-chef de la brigade de gendarmerie de Saint-Martin-Vésubie, s’est exprimé auprès de nos confères du Parisien. Il refuse d’être présenté comme un héros et n’oublie pas ceux qui n’ont pas eu la même chance que lui.

Ce vendredi en fin d’après-midi, les fortes intempéries liées à la tempête Alex étaient en train de s’abattre sur les Alpes-Maritimes lorsque le militaire a décidé de sortir pour se rendre au PC de crise, installé à la mairie de Saint-Martin-Vésubie. « Comme la route était devenue impraticable, à cause des divers éboulements, nous avons décidé avec ma collègue de quitter la brigade à pied. Il s’agissait alors de renter en communication avec notre hiérarchie pour faire un point sur la situation et mettre en œuvre les moyens appropriés », explique-t-il.

« J’ai juste eu beaucoup de chance »

Tout a alors basculé en quelques instants. « Soudain, la route s’est dérobée sous mes pieds. Je ne l’ai même pas entendu sur le moment car c’était couvert par le bruit assourdissant de La Vésubie qui s’écoulait juste sur ma gauche », détaille Olivier Morales. « Margaux, ma jeune collègue de 19 ans, était à quatre mètres derrière moi, sur un morceau de route qui ne s’était pas effondré. Mais elle ne voulait pas me laisser seul. J’ai dû lui crier d’aller donner l’alerte, ce qu’elle a fait ».

Il affirme qu’il serait gêné qu’on le prenne pour « un héros ». « J’ai juste eu beaucoup de chance de marcher à cet instant sur un bloc de béton qui ne s’est pas dérobé. A quelques centimètres près, j’aurais chuté avec la route et j’aurais probablement été emporté par le courant », détaille le militaire de 52 ans. Il rappelle que deux de ses camarades pompiers n’ont pas eu cette chance et sont toujours portés disparus.

Voyant qu’il ne pourrait pas accéder à la mairie, le gendarme s’est dirigé dans la colline et a fini par trouver une maison habitée. « Une maison d’hôtes tenue par Richard et Sylvana, un couple d’une grande gentillesse qui a accueilli ce soir-là quatre autres personnes perdues comme moi », ajoute-t-il. « Je n’avais pas la radio avec moi et les téléphones ne passaient pas ».

« J’ai réussi à rejoindre la mairie »

Olivier a passé la nuit dans cette maison. Au lever du jour, « j’ai essayé de rejoindre la brigade de Saint-Martin-Vésubie », se souvient-il. « C’est là que je vis avec ma femme et mes collègues gendarmes. Mais c’était impossible ». « En revanche, j’ai réussi à rejoindre la mairie où j’ai été pris en charge par mes collègues du peloton de gendarmerie de haute montagne qui m’ont emmené au fameux PC sécurité », raconte le gendarme. « Je pense surtout à toutes les familles qui sont sans nouvelles de leurs proches », confie-t-il.


Environ 1000 sapeurs-pompiers ont repris les opérations de recherches et de secours ce lundi matin dans les Alpes-Maritimes et en Ligurie. Douze personnes sont toujours portées disparues alors que deux corps sans vie ont été découverts ce dimanche.