Le dimanche 2 août 2026 à 00:36
Près de 670 000 euros en liquide ont été jetés à la mer depuis un bateau en panne à l'approche des garde-côtes, avant d'être ramenés par les vagues sur une plage de Sicile, sous les yeux des baigneurs. Les faits se sont produits mercredi 29 juillet au matin à Casuzze, hameau balnéaire de Santa Croce Camerina, dans la province de Raguse, en Italie, à quelques kilomètres de la station de Marina di Ragusa. Le parquet de Raguse a ouvert une enquête pour déterminer la provenance et la destination de cet argent.
Tout est parti d'une avarie. Un petit bateau semi-cabine venu de Malte s'est immobilisé à faible distance du rivage, vraisemblablement après avoir épuisé son carburant. Deux de ses occupants ont gagné le port de Marina di Ragusa pour se procurer de l'essence. L'embarcation s'est alors mise à dériver dangereusement vers la plage. Ce sont des baigneurs, intrigués de voir que personne à bord ne demandait assistance, qui ont donné l'alerte à la Guardia costiera, les garde-côtes italiens.
Des liasses de billets dans des sacs de courses
À l'approche de la vedette, la scène a basculé. Depuis le bateau, selon la reconstitution des enquêteurs, plusieurs sacs ont été jetés par-dessus bord, avant que les occupants ne se jettent à l'eau à leur tour. Poussés par les vagues, ils ont dérivé jusqu'au rivage. À l'intérieur, des liasses de billets de 5 à 100 euros, enfermées dans des sachets hermétiques pour résister à l'eau, selon le Quotidiano di Ragusa. Sur les images diffusées par la Rai, on distingue de grands sacs de courses à fermeture éclair, dont au moins un sac isotherme destiné aux produits congelés.
L'arrivée des billets sur le sable a provoqué un moment de confusion. Certains baigneurs se sont saisis de l'argent échoué avant l'intervention des forces de l'ordre. Policiers, carabiniers et militaires de la Guardia di Finanza, la police financière et douanière italienne, ont bouclé la zone et récupéré les liasses, avec l'aide de civils présents sur place. Le total avoisine les 670 000 euros selon Repubblica, 665 000 selon l'agence de presse ANSA. Les enquêteurs n'excluent pas qu'une partie de la somme n'ait jamais été retrouvée.
#RagusaDenunciati a piede libero 3 uomini maltesi che si sono disfatti di quasi 700 mila euro, gettandoli in mare, davanti alla spiaggia di Casuzze. Rimasti senza benzina, alla vista della Guardia costiera, hanno gettato in mare i soldi. La barca è stata sequestrata. pic.twitter.com/Gya1GmmZIW
— Rai Radio1 (@Radio1Rai) July 30, 2026
Trois adultes et un mineur à bord
Quatre personnes se trouvaient à bord du bateau : trois adultes présentés comme maltais et un mineur. Les informations diffèrent sur leur sort. Le 30 juillet, la Gazzetta del Sud indiquait que les trois hommes faisaient l'objet de poursuites en liberté pour blanchiment et transfert frauduleux de valeurs. Le 1er août, le site d'information Open précisait que deux d'entre eux avaient été identifiés sans fournir d'explication sur l'origine des fonds, et que le troisième avait pris la fuite.
Le sort du mineur reste en suspens. D'après le Corriere della Sera, le parquet des mineurs l'a confié aux services sociaux, dans l'attente que ses parents ou une ambassade se manifestent. L'adolescent ne parle pas italien, vient très probablement de l'étranger et n'aurait aucun lien de parenté avec les deux adultes identifiés. Il pourrait en revanche en avoir un avec le troisième homme, celui qui s'est enfui en le laissant seul.
Aucun lien établi avec un trafic
Le parquet a ordonné la saisie de la somme récupérée et de l'embarcation, remorquée jusqu'au port pour y être examinée. La fouille n'a livré aucun élément permettant d'éclairer l'origine de l'argent, et aucun lien avec un trafic de stupéfiants ou une organisation criminelle n'a été établi à ce stade. Les investigations portent désormais sur les déplacements du bateau et les éventuels contacts noués pendant la traversée. "Si tout s'était passé sans accroc, nous ne l'aurions pas interceptée", a résumé le chef de la police de la province de Raguse, Salvatore Fazzino, cité par Open, en évoquant la panne qui a tout déclenché.