Espagne : Au moins dix morts dans une collision entre deux trains au sud de Madrid

Plus de 540 passagers se trouvaient à bord des deux trains à grande vitesse entrés en collision sur la ligne Madrid-Séville, près de Tolède. Le bilan officiel, d'au moins dix morts, pourrait fortement s'alourdir.
Espagne : Au moins dix morts dans une collision entre deux trains au sud de Madrid
Une violente collision entre deux trains a fait de nombreux morts ce mercredi matin, près de la gare d'Urda, en Espagne. (captures écran vidéo / DR)
Par La Rédaction
Le mercredi 28 octobre 2026 à 10:41 - MAJ mercredi 28 octobre 2026 à 11:18

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11h15. Le bilan officiel reste d'au moins dix morts, mais il devrait s'alourdir fortement. Plusieurs médias espagnols évoquent au moins 46 morts en citant la protection civile, et selon El Periódico, les premières estimations sur le terrain font état d'une cinquantaine de morts. Ces chiffres n'ont pas été confirmés officiellement à ce stade.

La Guardia Civil a déployé d'importants moyens sur place. Les militaires de la sécurité publique de la province de Tolède sont mobilisés, ainsi que des agents du SEPRONA, son service de protection de la nature, et de la circulation routière, selon El Periódico. Des renforts de la sécurité publique de Ciudad Real et d'Albacete, des Groupes de réserve et de sécurité (GRS), son unité de maintien de l'ordre, du service aérien et des drones sont également en route, tout comme l'équipe Grandes catastrophes du service de criminalistique, chargée notamment de l'identification des victimes, et des enquêteurs de la police judiciaire. L'Unité militaire d'urgence (UME) a par ailleurs confirmé le départ d'un bataillon d'intervention depuis sa base de Torrejón, près de Madrid. La ville de Madrid a envoyé ses pompiers et le SAMUR, son service d'urgences médicales, et l'Andalousie des unités mobiles de soins intensifs.

La présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a suspendu le conseil de gouvernement qui devait adopter le budget régional pour 2027. Le dirigeant de Vox Ignacio Garriga a annoncé que son parti s'était constitué partie dans la procédure, sans préciser laquelle, et a réclamé la préservation de toutes les preuves. "Nous avons demandé que toutes les preuves soient garanties pour qu'il ne se passe pas ce qu'ils ont essayé de faire avec Adamuz", a-t-il déclaré. La porte-parole de Junts au Congrès des députés, Miriam Nogueras, a de son côté estimé sur X que "des responsabilités doivent être assumées". "On ne peut pas continuer à ignorer les graves problèmes dont souffrent les infrastructures", a-t-elle ajouté. La Fédération espagnole des municipalités et provinces (FEMP) a appelé à observer une minute de silence à 20 heures devant toutes les mairies du pays, en mémoire des victimes.

10h25. Au moins dix personnes ont été tuées dans la collision entre deux trains à grande vitesse, ce mercredi matin, près de la gare d'Urda (Espagne), dans la province de Tolède, à environ 150 km au sud de Madrid. Un AVE, le train à grande vitesse de la Renfe, la compagnie ferroviaire publique espagnole, a percuté un train de la compagnie privée Iryo, qui exploite uniquement des lignes à grande vitesse. Ce convoi était à l'arrêt sur la voie, et deux de ses voitures ont basculé en contrebas d'un talus. Le gouvernement espagnol, qui redoute un bilan bien plus lourd, privilégie la piste d'une erreur humaine. "Cela pourrait être pire qu'Adamuz", ont confié des sources gouvernementales au quotidien El País, en référence à la catastrophe ferroviaire qui avait fait 46 morts dans la province de Cordoue en janvier.

La collision s'est produite à 08h54, selon le service d'urgence 112, cité par l'agence EFE. Les deux trains roulaient sur la ligne à grande vitesse Madrid-Séville. D'après l'Adif, le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol, le choc a eu lieu entre Mora, Orgaz et Urda, au point kilométrique 118. Selon les premiers éléments recueillis par le ministère des Transports, la rame de la Renfe aurait percuté l'arrière du convoi d'Iryo, provoquant le déraillement de deux de ses voitures.

Selon El Periódico, ce sont les deux voitures de queue du train Iryo, ainsi que la motrice et la première voiture de l'AVE, qui ont subi l'essentiel du choc. Les voitures voisines ont été moins endommagées.

Le bilan reste provisoire. Le gouvernement de Castille-La Manche a confirmé dix morts, mais sa porte-parole, Esther Padilla, a reconnu sur la radio Cadena SER que le nombre de victimes serait "bien supérieur". "Beaucoup plus", a-t-elle admis. Selon El Periódico, 146 passagers voyageaient à bord du train Iryo et 397 dans l'AVE. Les services d'urgence de Castille-La Manche évoqueraient 39 morts, selon le même quotidien, un chiffre qui n'a pas été confirmé officiellement à ce stade. Aucun bilan des blessés n'a encore été communiqué.

La piste d'une erreur humaine évoquée

Le gouvernement travaille sur l'hypothèse principale d'une erreur humaine, rapporte El País. "Une erreur humaine d'un opérateur de l'Adif face à une panne du système principal de signalisation est la cause possible de l'accident", ont indiqué des sources de l'exécutif au quotidien espagnol. Ce système de sécurité est automatisé, mais il bascule en mode manuel en cas de défaillance. Selon les premières analyses, les trains se sont arrêtés lorsque le système automatique a cessé de fonctionner, puis la circulation a repris sous contrôle humain. C'est à ce moment-là que l'erreur se serait produite.

Interrogé par la chaîne Antena 3, le porte-parole du Sindicato Ferroviario, Rafael Escudero, avait jugé cet accident "très étrange". Il avait souligné qu'il n'existait aucun arrêt commercial dans cette zone et que la circulation y était surveillée en temps réel. Selon lui, le train dispose lui aussi d'informations en temps réel sur l'état de la voie, ce qui doit normalement entraîner son arrêt en présence d'un obstacle, comme un autre train.

«Il y avait beaucoup de blessés»

Passager de la deuxième voiture de l'AVE, Jesús Jerónimo, 54 ans, a raconté le choc au quotidien El País. Ce consultant médical, qui se rend régulièrement à Séville pour son travail, a expliqué que son train s'était arrêté une vingtaine de minutes après son départ de la gare d'Atocha, avant de repartir. "Je travaillais sur mon ordinateur portable quand j'ai ressenti une accélération très violente et j'ai été projeté contre le siège de devant", a-t-il témoigné. "Des gens ont été éjectés. Nous avons pensé que nous avions déraillé", a-t-il ajouté. "Il y avait beaucoup de blessés et des gens nerveux". Le quinquagénaire a ensuite prêté main-forte aux secours, en tenant notamment des poches de perfusion, tandis que les pompiers intervenaient sur le train le plus endommagé.

Le président régional réclame l'intervention de l'armée

Le gouvernement régional de Castille-La Manche a déclenché son plan territorial d'urgence (PLATECAM) à 09h15, avant de le relever au niveau 2. Son président, Emiliano García-Page, a demandé l'intervention de l'Unité militaire d'urgence (UME), l'unité de l'armée espagnole spécialisée dans les catastrophes, selon El Español. Des militaires de la Guardia Civil, des pompiers des consortiums provinciaux de Tolède et de Ciudad Real, des bénévoles de la protection civile et des équipes du service de santé régional (SESCAM) ont été dépêchés sur place, où un poste médical avancé a été installé. Les secours de dix communes de la province, dont Tolède, ont été mobilisés, ainsi que trois hélicoptères sanitaires. Le gouvernement régional a également envoyé un hélicoptère pour évaluer les dégâts depuis le ciel. La Communauté de Madrid a de son côté dépêché huit équipes de ses pompiers régionaux et autant de moyens du SUMMA 112, son service d'urgences médicales.

Des unités de la circulation routière de la Guardia Civil ont bouclé un périmètre de 3 km autour du lieu de l'accident et dégagent les accès pour les ambulances. Le maire d'Urda, Manuel Galán, a indiqué que la protection civile lui avait demandé d'ouvrir un gymnase de la commune pour accueillir les blessés.

"Consterné par le grave accident de trains à Tolède", a réagi le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, sur le réseau social X. Il a indiqué rester en contact permanent avec le ministre des Transports et le président de Castille-La Manche, et a adressé ce message : "Mon affection, ma solidarité et mon soutien à toutes les victimes et à leurs familles."Le ministre des Transports, Óscar Puente, a quitté précipitamment le World Infrastructure Forum, à Madrid, pour se rendre au centre de contrôle de la gare d'Atocha, et devait ensuite rejoindre le lieu de l'accident. Le président du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, s'est entretenu avec Emiliano García-Page et le maire d'Urda. Tous les partis nationaux ont suspendu leur campagne, à un mois des élections législatives prévues le 29 novembre.

La circulation à grande vitesse entre Madrid et l'Andalousie est suspendue jusqu'à nouvel ordre, a annoncé le ministère des Transports. Dans un communiqué, Iryo a indiqué avoir activé l'ensemble de ses protocoles d'urgence et annulé tous ses trains au départ de Madrid-Puerta de Atocha vers le sud du pays, sans prévision de reprise. La Renfe a activé son plan d'assistance aux victimes d'accidents ferroviaires et à leurs familles, et a mis en place un numéro, le +34 900 10 10 20 (900 10 10 20 depuis l'Espagne), réservé exclusivement aux personnes concernées et à leurs proches. Un point d'accueil psychologique a également été ouvert pour les victimes et leurs familles à la gare d'Atocha. La Renfe propose par ailleurs des échanges et des annulations gratuits aux voyageurs concernés.