Groenland : Emmanuel Macron confirme que les militaires français déjà sur place «seront renforcés dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes»

Un déploiement militaire français est en cours au Groenland dans le cadre de l’exercice européen "Arctic Endurance", alors que Paris renforce sa présence aux côtés de ses alliés danois et de l’OTAN. Ces annonces ont été faites par Emmanuel Macron lors de ses vœux aux armées, dans un contexte international de plus en plus tendu autour de l'Arctique.
Groenland : Emmanuel Macron confirme que les militaires français déjà sur place «seront renforcés dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes»
Emmanuel Macron lors de son discours à Istres, le 15 janvier 2026. (capture écran / Élysée)
Par Actu17
Le jeudi 15 janvier 2026 à 15:28

Une mission européenne mobilise désormais des militaires français au Groenland, où Emmanuel Macron a annoncé le déploiement et le renforcement des troupes françaises dans un contexte de tensions stratégiques croissantes dans l'Arctique. Le chef de l'État s'est exprimé ce jeudi à la mi-journée lors de ses vœux aux armées depuis la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône), quelques heures après la tenue d'un conseil de défense convoqué en urgence à l'Élysée.

Une quinzaine de soldats français sont déjà déployés à Nuuk dans le cadre de l'exercice danois "Arctic Endurance", mené avec la Suède, l'Allemagne et la Norvège. Emmanuel Macron a rappelé que "la France a décidé de se joindre à l'exercice programmé et lancé par le Danemark de manière souveraine et indépendante, dans le cadre (de la mission) Arctic Endurance". Selon le chef de l'État, c'est le "rôle que la France doit jouer" : "Être disponible face à l'évaluation de la menace. Savoir s'adapter. Et être aux côtés d'un État souverain pour protéger son territoire". Le président a indiqué que les soldats français déjà engagés bénéficieraient d'un appui accru, notamment au sol, dans les airs et en mer.

Emmanuel Macron a ensuite détaillé l'ampleur du dispositif français en précisant qu'"une première équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes". Il a rappelé le statut du Groenland, qualifié de "territoire autonome du Royaume du Danemark", et souligné que "les Européens avaient une responsabilité particulière, car ce territoire appartient à l'Union européenne, car ce territoire est aussi celui d'un de nos alliés de l'OTAN". Il a ajouté que "la France et les Européens doivent continuer, partout où leurs intérêts sont menacés, d'être là sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale".

«La France a une grande tradition d'indépendance»

Au-delà du seul cas du Groenland, Emmanuel Macron a replacé ces annonces dans une vision plus large de la défense française et européenne. "La France a une grande tradition d'indépendance, (...) nous avons renforcé notre indépendance militaire, capacitaire, technologique, industrielle", a-t-il affirmé. Il a appelé à poursuivre et amplifier cet effort : "Nous devons aller au bout de ce travail, nous devons accélérer cette obsession et nous devons, à la lumière des événements, finir de convaincre tous les Européens de s'engager à nos côtés dans ce travail".

Le chef de l'État a enfin encouragé les militaires : "Soyez fiers de votre pays et de nos armées, car cette fierté est légitime, nous sommes l'armée la plus efficace d'Europe, nous avons la dissuasion nucléaire la plus indépendante et autonome d'Europe, c'est une force inédite dans le monde qu'est le notre".

«Nous sommes à portée» des tirs de la Russie

Emmanuel Macron a également souligné que le nouveau tir d'un missile Orechnik, par la Russie, était "un signal très clair". Pour le président de la République, "nous sommes à portée de ces tirs".

Sur le plan international, la situation au Groenland continue d'alimenter les tensions diplomatiques. La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé que la rencontre tenue à Washington avec des responsables américains et groenlandais "n'a pas été facile", en évoquant un "désaccord fondamental" avec les États-Unis, dont l'ambition sur le territoire "demeure intacte". La diplomatie russe a, de son côté, fait part de sa "sérieuse inquiétude" après l'annonce de l'envoi de troupes supplémentaires de l'OTAN dans la région. L'ambassadeur américain en Belgique, Bill White, estime pour sa part que Washington et Copenhague parviendront probablement à un accord "bénéfique", tout en saluant l'engagement du président Donald Trump envers l'OTAN.