Le mardi 17 mars 2026 à 09:18
Emmanuel Macron a convoqué ce mardi 17 mars un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale à l'Élysée, "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé la présidence de la République. Cette réunion intervient au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient, alors que les frappes israéliennes s'intensifient sur l'Iran et le Liban et que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle participe à la sécurisation du détroit d'Ormuz.
La France face à la pression américaine
Ce conseil de défense, prévu mardi après-midi, est le premier depuis celui du 10 mars. Il réunit les ministres et les responsables chargés des questions de sécurité. La réunion se tient dans un contexte de pression accrue de Washington, qui exige de ses alliés, et notamment de Paris, une réponse positive à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole mondial.
Depuis le début du conflit, la France a renforcé sa posture militaire dans la région. Emmanuel Macron a affirmé que le pays se préparait à un conflit susceptible de "durer", avec un important déploiement aéronaval comprenant le porte-avions Charles de Gaulle, huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies, déployés dans une vaste zone allant de la Méditerranée orientale à la mer Rouge et au détroit d'Ormuz. Le chef de l'État a également esquissé une future mission internationale "défensive" visant à "rouvrir" ce passage maritime.
Ce mardi se tient également l'hommage national au major Arnaud Frion, premier militaire français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Ce sous-officier du 7e bataillon de chasseurs alpins, déployé en Irak depuis le 24 janvier, est décédé le 12 mars des suites d'une attaque de drone contre la base kurde de Mala Qara, dans la région d'Erbil. Six autres soldats français avaient été blessés. La cérémonie est présidée par Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, aux côtés du général d'armée Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de Terre, à Varces (Isère). Emmanuel Macron, retenu par le conseil de défense, rencontrera la famille du militaire après la réunion.
Frappes «à grande échelle» sur l'Iran et le Liban
Sur le terrain, l'armée israélienne a annoncé mardi à l'aube avoir lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" contre l'Iran, visant des infrastructures à Téhéran, Chiraz, dans le sud du pays, et Tabriz, dans le nord-ouest. De fortes explosions ont de nouveau secoué la capitale iranienne mardi matin. En parallèle, Israël poursuit ses bombardements contre le Hezbollah pro-iranien au Liban. Selon l'agence nationale d'information libanaise (ANI), des avions israéliens ont bombardé les quartiers de Kafaat et Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, ainsi qu'un immeuble résidentiel à Doha Aramoun.
Le Hezbollah a de son côté revendiqué plusieurs attaques à la roquette contre des soldats israéliens dans le sud du Liban, où l'armée israélienne mène des "opérations terrestres limitées".
Le conflit s'étend au Golfe et en Irak
Le conflit continue de s'étendre au-delà des théâtres iranien et libanais. Plusieurs explosions ont retenti mardi matin à Dubaï et à Doha, au Qatar. Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a indiqué avoir intercepté une attaque de missile. À Abou Dhabi, un civil palestinien a été tué lundi par la chute de débris d'un missile sur sa voiture. En Irak, l'ambassade américaine à Bagdad a été visée par des drones et des roquettes à deux reprises dans la nuit. Dans le golfe d'Oman, un tanker a été touché par un "projectile inconnu" à proximité de l'entrée du détroit d'Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO, sans faire de victime.
Sur le plan diplomatique, les dirigeants de cinq pays occidentaux – la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie et le Canada – ont appelé lundi dans un communiqué commun à éviter une opération terrestre israélienne de grande ampleur au Liban, estimant qu'elle "aurait des conséquences humanitaires dévastatrices". Les marchés pétroliers restent sous forte tension : le baril de Brent s'établissait mardi matin à environ 104 dollars, en hausse de plus de 42% depuis le début du conflit le 28 février.