Le mardi 23 juin 2026 à 20:02
Quinze personnes ont été interpellées, dont deux en Espagne, dans le cadre du démantèlement d'un important réseau d'importation de cannabis d'origine rennaise. L'opération, déclenchée le 16 juin dernier en Ille-et-Vilaine et en Espagne sous l'autorité de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes, a donné lieu à d'importantes saisies de drogue, d'armes et d'avoirs criminels. Le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet, a détaillé cette affaire dans un communiqué diffusé ce lundi 22 juin.
Tout a commencé le 16 juin 2026, lorsqu'"une vaste opération de police judiciaire a été déclenchée en Ille-et-Vilaine et en Espagne sous l'autorité d'une juge d'instruction de la JIRS de Rennes en coordination avec les autorités espagnoles". L'objectif était d'interpeller en flagrant délit "les membres d'une importante organisation d'importation de produits stupéfiants (cannabis) et de cigarettes", a précisé le parquet.
Cette opération est l'aboutissement d'une longue enquête. Une enquête préliminaire avait été initiée le 4 novembre 2024 par l'antenne OFAST de Rennes, sous l'égide du parquet de la ville. Elle a donné lieu à la saisine du parquet JIRS de Rennes le 24 mars 2025, puis à l'ouverture d'une information judiciaire le 25 mars 2025 des chefs d'"importation en bande organisée de produits stupéfiants", de "trafic de produits stupéfiants", de "participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un crime" et un "délit puni de 10 ans d'emprisonnement", ainsi que de "blanchiment".
Après dix-neuf mois d'investigations, l'antenne OFAST de Rennes, en co-saisine avec le GIR de Rennes, a été appuyée par Europol, l'Unité d'investigations nationale de la DNPJ (Direction nationale de la police judiciaire), la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de Nantes (Loire-Atlantique) et les brigades canines de plusieurs départements. Côté espagnol, une trentaine de policiers ont été mobilisés dans la région de Barcelone (Espagne), sous l'égide de l'UNYCO (Unidad de Droga Y Crimen Organizado), avec l'assistance de deux officiers de liaison français et l'aide d'Eurojust. Au total, une centaine de policiers ont été engagés en France pour interpeller les mis en cause.
Le réseau s'appuyait sur un mode opératoire bien rodé. "Le travail préalable d'investigation a révélé que l'acheminement de la drogue sur le territoire rennais se faisait principalement via l'importation de colis par le biais d'une société de transport", a indiqué le procureur de la République.
Des saisies importantes
Lors des perquisitions, "des quantités importantes de drogue et du matériel servant à la préparation et au conditionnement des produits ont été saisis". En France, les forces de l'ordre ont découvert 20 kg d'herbe de cannabis et 18 kg de résine. En Espagne, les saisies ont porté sur 43 kg de résine de cannabis, 12 kg d'herbe, 5 kg de cocaïne et 3 070 paquets de cigarettes. Deux armes de poing et deux fusils de chasse ont également été retrouvés.
Les enquêteurs ont par ailleurs saisi 17 véhicules, dont plusieurs de grande valeur, ainsi que des bijoux, sacs et montres de luxe. Plus de 278 000 euros en espèces ont été découverts, tandis que plus de 110 000 euros ont été gelés sur des comptes bancaires.
Huit mis en examen
Sur le plan judiciaire, huit individus âgés de 20 à 43 ans et vivant sur le secteur de Rennes ont été mis en examen par la JIRS. Quatre d'entre eux ont fait l'objet d'un contrôle judiciaire et quatre ont été placés en détention provisoire. Les deux autres mis en cause, âgés de 31 et 42 ans et interpellés en Espagne, ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant leur remise par les services espagnols.
Une coopération internationale saluée
Dans son communiqué, le procureur de la République a tenu à mettre en avant le travail mené de part et d'autre de la frontière. "Les autorités judiciaires tiennent à souligner l'importance de la coopération entre les services d'enquête français et espagnols dans la réussite de cette opération qui porte un sérieux préjudice à cette organisation criminelle d'origine rennaise et démontre l'efficacité des enquêtes transfrontalières dans la lutte contre le narcotrafic", a-t-il écrit.
"Cette affaire illustre une nouvelle fois l'ampleur des réseaux criminels opérant à l'échelle européenne et la nécessité d'une collaboration renforcée entre les États pour lutter contre la criminalité organisée", a conclu Frédéric Teillet.