Le samedi 24 janvier 2026 à 18:09
Eleonora Palmieri, vétérinaire italienne de 29 ans rescapée de l'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana (Suisse) qui a fait 40 morts dans la nuit du 31 décembre, a publié sur Instagram une vidéo montrant son visage marqué par les brûlures. Transférée après une vingtaine de jours d'hospitalisation à Milan (Italie) vers le Centre des grands brûlés de Cesena (Emilie-Romagne), elle accompagne ces images d'un message de courage et d'espoir adressé à ses proches et aux victimes.
La jeune femme, originaire de Cattolica et résidant à San Giovanni in Marignano (Italie), a partagé sur le réseau social un "réel" dans lequel elle alterne des moments heureux filmés avant le drame et des images prises à l'hôpital, où l'on aperçoit son visage brûlé et ses mains bandées. Les images ont rapidement fait le tour du web et ont notamment été relayées par le député Francesco Emilio Borrelli. Un premier post avait déjà été publié puis supprimé quelques minutes plus tard, le 9 janvier, alors qu'elle se trouvait encore en réanimation à l'hôpital Niguarda de Milan.
«Je veux remercier ceux qui n'ont jamais lâché ma main»
"Derrière chaque article et chaque titre de journal, il y a eu la vraie vie. Celle faite de peur, mais surtout de courage et de force pour aller de l'avant", écrit Eleonora Palmieri dans son message sur Instagram. Elle poursuit : "Je veux remercier ceux qui n'ont jamais lâché ma main : ma famille, mon refuge, et mon fiancé qui est resté avec moi jusque dans cette chambre d'hôpital. Un immense merci aux médecins et à tout le personnel soignant des hôpitaux qui me soignent avec un grand professionnalisme et une grande humanité. Si je suis là aujourd'hui pour en parler, c'est aussi grâce à vous". Elle conclut par une pensée pour les victimes : "Une pensée pour les anges qui n'ont pas survécu. N'arrêtez jamais d'honorer la vie !"
Eleonora Palmieri souffre de brûlures au visage, aux jambes et surtout à une main. Après une vingtaine de jours passés à l'hôpital Niguarda de Milan, elle a été transférée au Centre des grands brûlés de l'hôpital Bufalini de Cesena, afin de se rapprocher de sa famille. Le professeur Davide Melandri, directeur du Centre des grands brûlés de l'Ausl Romagna, a indiqué à Il Giornale qu'elle était "arrivée en bonnes conditions cliniques" et qu'aucune intervention chirurgicale n'était prévue pour le moment. "Eleonora est déjà bien avancée dans son parcours vers la guérison, mais il reste encore un peu de travail", a-t-il précisé. La jeune femme et ses parents ont demandé que leur vie privée soit respectée.
«Ce quart d'heure supplémentaire nous a sauvé la vie»
C'est son fiancé, Filippo Bonifacio, 24 ans, originaire de Verbania (Italie), qui lui a sauvé la vie cette nuit-là. Le couple fêtait le Nouvel An pour la première fois en Suisse avec un groupe d'amis. Ils assistaient à un DJ set en plein air qui devait se terminer après minuit mais qui a finalement duré jusqu'à 01h15. "Ce quart d'heure supplémentaire nous a sauvé la vie, avec le recul", a raconté le jeune homme à Il Resto del Carlino. Ils se sont ensuite rendus au bar Le Constellation, où une longue file d'attente s'était formée. Alors qu'ils s'apprêtaient à entrer, le drame s'est produit. Filippo Bonifacio a retrouvé sa compagne parmi la foule en fuite, les cheveux brûlés, une partie du visage atteinte par les flammes, le manteau calciné et les mains en sang. Elle était consciente et lui a dit : "Filo, appelle l'ambulance". Le jeune homme l'a immédiatement chargée en voiture et conduite à l'hôpital de Sion, une décision qui s'est avérée cruciale. Eleonora Palmieri se trouvait près de l'entrée, au niveau supérieur du bar, et non au sous-sol où la plupart des victimes ont péri.
«La nuit, j'ai encore peur»
Dans une interview accordée au quotidien La Repubblica, la rescapée est revenue sur cette nuit tragique. "La nuit, j'ai encore peur", confie-t-elle. "La fumée a envahi la véranda et j'ai vu cette langue de feu remonter les escaliers... Je me suis sentie impuissante, piégée. Mon instinct de survie m'a fait sortir". Elle décrit la porte bloquée par la foule, les fenêtres impossibles à briser, et "cet air toxique qui devenait irrespirable".
La jeune femme, diplômée en médecine vétérinaire de l'Université de Camerino en 2023, travaille à la clinique Santa Lucia Vet de Bellaria-Igea Marina (Italie). Elle est également vice-présidente d'une association d'équitation et possède deux chevaux ainsi que deux chats. Elle a confié à l'ANSA (la principale agence de presse italienne, ndlr) ses craintes pour l'avenir : "Je suis la docteure de nombreux petits chiens et chats dans la région de Rimini, c'est une vocation. Ma crainte, c'est que cet accident m'impose des limites. J'espère de tout cœur que ce ne sera qu'un ralentissement et non un arrêt". Sur Instagram, elle écrit avec espoir : "Chaque jour est un pas vers mon objectif. Ma passion est ma plus grande force. Un centimètre à la fois, pour retourner faire ce que j'aime".