Achraf Hakimi sera jugé pour viol : la cour d'appel de Versailles confirme son renvoi

Le défenseur du PSG, qui participe actuellement à la Coupe du monde avec le Maroc, sera bien jugé pour le viol présumé d'une jeune femme en 2023. La cour d'appel de Versailles a confirmé ce vendredi son renvoi devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine. Le joueur, qui conteste les faits, dénonce une accusation "fausse".
Achraf Hakimi sera jugé pour viol : la cour d'appel de Versailles confirme son renvoi
Achraf Hakimi lors de la demi-finale de Ligue des Champions entre le Paris-Saint-Germain et le Bayern Munich, le 28 avril 2026. (Maciej Rogowski Photo / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 19 juin 2026 à 10:06 - MAJ vendredi 19 juin 2026 à 10:28

La cour d'appel de Versailles (Yvelines) a tranché ce vendredi. Sa chambre de l'instruction a validé le renvoi du défenseur du Paris Saint-Germain devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, pour le viol présumé d'une jeune femme commis en février 2023 à son domicile de Boulogne-Billancourt. L'international marocain de 27 ans, qui conteste les faits et se trouve actuellement aux États-Unis avec sa sélection pour la Coupe du monde, sera jugé dans les prochains mois, à une date encore non fixée.

La chambre de l'instruction a confirmé l'ordonnance rendue le 24 février par une juge d'instruction. Le 22 mai dernier, en pleine campagne victorieuse du PSG en Ligue des champions, le joueur s'était présenté en personne devant la cour d'appel, accompagné de son avocate, Me Fanny Colin, pour réclamer un non-lieu. Ses arguments n'ont pas emporté l'adhésion de la cour. Achraf Hakimi reste présumé innocent.

La défense dénonce une accusation «fausse»

L'avocate du footballeur a regretté qu'aucun non-lieu n'ait été prononcé. "La multitude des éléments à décharge révélés par l'enquête et l'information judiciaire aurait, dans n'importe quelle autre affaire, conduit au prononcé d'un non-lieu", a réagi Me Fanny Colin, interrogée par BFMTV. "La défense d'Achraf Hakimi déplore qu'il n'ait pas été tiré les conséquences des contradictions et mensonges de la partie civile, de ses dissimulations à l'autorité judiciaire, de ses obstructions à la manifestation de la vérité et encore de ses expertises psychologiques actant son ambivalence et son absence de lucidité sur les événements qu'elle a dénoncé. C'est désormais avec impatience que Monsieur Achraf Hakimi attend son procès pour pouvoir enfin s'exprimer publiquement sur l'accusation fausse dont il est l'objet."

De son côté, le joueur a diffusé un communiqué sur les réseaux sociaux peu après la décision. "La justice m'a regardé dans les yeux et m'a dit : 'Si vous n'étiez pas connu, il n'y aurait jamais eu d'affaire.' J'ai choisi de me taire pendant des années", a-t-il écrit. "Aujourd'hui, une histoire qui n'est pas la mienne est racontée au détriment de ma famille, de ma vie et surtout de la vérité. J'ai parfois le sentiment d'être devenu une cible facile. J'attends ce procès depuis le premier jour. Et je l'attends désormais avec impatience. Enfin, je pourrai parler."

L’avocate de la partie civile, Me Rachel-Flore Pardo, a de son côté souligné que cette décision "suscite chez [sa] cliente soulagement et espoir", "après plus de trois ans de combat judiciaire, après avoir été calomniée et traînée dans la boue par la défense" du joueur marocain.

Une rencontre née sur Instagram

Les faits remontent à la nuit du 24 au 25 février 2023. Le 25 février, une jeune femme alors âgée de 24 ans s'est présentée au commissariat de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) pour signaler un viol qu'elle imputait au footballeur, survenu la nuit précédente. Sans souhaiter déposer plainte, elle a livré son récit aux fonctionnaires. Le parquet de Nanterre a malgré tout diligenté une enquête. Selon les investigations, la jeune femme et le défenseur du PSG s'étaient connus le mois précédent via Instagram, avant qu'elle n'accepte de le rejoindre chez lui, où elle s'est rendue en VTC. Au cours de la procédure, le footballeur a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

Les deux versions s'opposent. Selon le récit de la jeune femme, Achraf Hakimi l'a d'abord embrassée, puis a cherché à la caresser au niveau de la poitrine et du bassin. Passant outre son refus, il lui aurait ensuite infligé une pénétration digitale. "Il avait un comportement animal, il n'avait aucune douceur", a-t-elle déclaré lors de son audition. Lorsqu'il a fini par s'exprimer, en janvier 2025, le défenseur a au contraire parlé de baisers consentis et d'une caresse "sur le bas du dos avec son accord". Sa défense y voit une opération destinée à lui soutirer de l'argent. Ses conseils mettent en avant des messages échangés entre la plaignante et l'une de ses connaissances avant la soirée, mais aussi le fait qu'elle ait décliné tout examen gynécologique ou psychologique, comme toute confrontation.

Kylian Mbappé cité comme témoin

Au procès, Kylian Mbappé pourrait figurer parmi les témoins. L'attaquant, lié d'amitié au défenseur parisien, a versé au dossier deux attestations relatant ce que son coéquipier lui avait confié sur cette nuit-là. La première a finalement pesé à charge. Estimant avoir été mal interprété, l'international français en a rédigé une seconde, dans laquelle il indique qu'Achraf Hakimi lui avait parlé de "caresses sur des parties intimes" et qu'à "aucun moment, il n'avait senti de refus de la part de la jeune femme".