Côtes-d'Armor : Le maire de Tréogan soupçonné de viols et d'abus de faiblesse placé en détention provisoire

Récemment élu maire d'une petite commune des Côtes-d'Armor, un homme de 27 ans a été placé en détention provisoire le 30 avril 2026. Il est soupçonné d'avoir dirigé un groupe à caractère sectaire sur un réseau social, au sein duquel six jeunes femmes auraient été victimes de menaces de mort et d'abus de faiblesse. L'une d'elle affirme avoir subi "des actes sexuels sous la contrainte".
Côtes-d'Armor : Le maire de Tréogan soupçonné de viols et d'abus de faiblesse placé en détention provisoire
Illustration. (HJBC / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 1 mai 2026 à 12:09

Matthis Ternel, 27 ans, récemment élu maire de Tréogan, une petite commune des Côtes-d'Armor, a été placé en détention provisoire ce jeudi 30 avril. Il est soupçonné d'avoir dirigé un groupe à caractère sectaire sur un réseau social, sous couvert de rencontres entre personnes à haut potentiel intellectuel. Six jeunes femmes, dont une mineure à l'époque des faits, seraient victimes de cet homme. Une information judiciaire a été ouverte au tribunal judiciaire de Toulon (Var) pour des faits de menaces de mort et d'abus de faiblesse. Les éléments de l'affaire ont été détaillés dans un communiqué du procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland.

L'affaire a débuté en octobre 2022, lorsqu'une étudiante de 21 ans a déposé plainte dans le département de la Mayenne contre un homme alors âgé de 24 ans. Selon les déclarations de la plaignante, ce dernier la menaçait de mort si elle quittait le groupe de discussions qu'il avait créé sur un réseau social, lequel se présentait comme "spécialisé dans la rencontre de personnes à haut potentiel intellectuel". La jeune femme décrivait un groupe structuré par "une organisation hiérarchisée et soumise à des règles strictes d'appartenance".

Une charte distinguant «les fonctionnelles» et «les dysfonctionnelles»

D'après les premiers éléments de l'enquête, le groupe reposait sur une charte distinguant deux types de personnes, "les fonctionnelles" et "les dysfonctionnelles". Les participants, adeptes de spiritualité et de philosophie, "se voyaient promettre la possibilité d'atteindre le 'cinquième palier d'instruction ultime' à condition de suivre l'enseignement de cet homme, qui aurait exigé de certaines femmes une 'dévotion totale', en le reconnaissant comme 'l'absolu' et le 'divin'", indique le procureur de la République de Toulon dans son communiqué.

Le mis en cause résidant alors dans le secteur d'Hyères (Var), la procédure a été transmise pour compétence au parquet de Toulon. Ce dernier a saisi la section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille pour poursuivre les investigations, des chefs de menaces de mort et d'abus de faiblesse par le dirigeant "d'un groupement poursuivant des activités créant, maintenant, ou exploitant la sujétion psychologique des participants", définition juridique d'un groupe à caractère sectaire. De nombreuses investigations ont ensuite été diligentées, qui se sont poursuivies dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à compter du mois de décembre 2025.

Cinq autres victimes potentielles identifiées, dont une mineure

Au cours de leurs investigations, les enquêteurs ont identifié cinq autres jeunes femmes résidant sur plusieurs points du territoire national et susceptibles d'avoir été victimes du même homme, dont l'une était âgée de 17 ans à l'époque des faits. Deux d'entre elles ont refusé de déposer plainte, estimant n'avoir été victime d'aucune infraction. "Outre un contrôle très intrusif dans la vie personnelle et intime de ces jeunes femmes, des contributions financières auraient été mises en place, allant de quelques centaines d'euros pour certaines et jusqu'à près de 30 000 € déboursés pour l'une d'elles", précise le communiqué du parquet. L'une de ces femmes a affirmé avoir vécu "des violences psychologiques" et avoir subi des "actes sexuels sous la contrainte".

Désormais installé dans les Côtes-d'Armor, où il a récemment été élu maire d'une petite commune, Matthis Ternel a été placé en garde à vue le 28 avril par les militaires de la section de recherches (SR) de Marseille. Au cours de cette mesure, il a contesté "que son comportement puisse être pénalement répréhensible".

Le suspect a été présenté le 30 avril à un juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc, lequel a ordonné son placement en détention provisoire dans l'attente d'être présenté devant le magistrat instructeur de Toulon dans les prochains jours. "Le magistrat instructeur décidera alors d'éventuelles mises en examen et il sera statué sur son maintien en détention ou sa remise en liberté", conclut le procureur de la République de Toulon. À ce stade de la procédure, le mis en cause bénéficie de la présomption d'innocence.