Le vendredi 15 mai 2026 à 16:38
Dominique B., un retraité de 66 ans et ancien directeur du sport scolaire (UNSS) de Haute-Saône, a été mis en examen ce jeudi 14 mai 2026 à Vesoul (Haute-Saône) et placé en détention provisoire. Le sexagénaire avait été piégé en direct sur la plateforme Twitch par un streamer se faisant passer, grâce à l'intelligence artificielle, pour une adolescente de 14 ans. Il est poursuivi pour trois chefs d'infractions liés à des propositions sexuelles adressées à un mineur, a indiqué le procureur de la République de Vesoul, Arnaud Grécourt, dans un communiqué.
Les faits se sont déroulés ce lundi, lors d'une diffusion en direct sur Twitch animée par Finnyzyy, un streamer qui se présente comme un traqueur de pédocriminels et affirme vouloir aller "à la chasse aux prédateurs sexuels" en ligne. Ce dernier a eu recours à l'intelligence artificielle pour transformer son visage et altérer sa voix, afin de se faire passer pour une jeune fille de 14 ans. Pendant près d'une demi-heure, l'ancien responsable du sport scolaire a multiplié les avances auprès de cette fausse adolescente, lui réclamant des "nudes" (photos dénudées), lui suggérant de "s'embrasser" ou encore lui proposant de lui montrer son sexe. Des extraits de cet échange ont ensuite été diffusés sur TikTok.
Signalé par PHAROS, il s'est rendu de lui-même au commissariat
C'est la plateforme PHAROS (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements) qui a informé les fonctionnaires de la direction départementale de la police nationale de Haute-Saône. Le sexagénaire s'est présenté spontanément au commissariat mardi en début d'après-midi, aux alentours de 14h30. Il a alors été interpellé sur place et placé en garde à vue. Sa garde à vue a été prolongée le lendemain, pour une durée totale de 48 heures. Dans le même temps, une perquisition a été menée à son domicile et a permis la saisie de "nombreux supports numériques : ordinateur portable, tablette, clef USB, téléphone ou encore carte SD". L'enquête a été reprise par les enquêteurs de la division de la criminalité territoriale de Vesoul.
Scandale de pédophilie : Hier soir, Dominique Bouvet, ancien vice-président du Comité Départemental Olympique et Sportif de Haute-Saône (70), a été piégé par un internaute utilisant une intelligence artificielle capable d’imiter l’apparence et la voix d’une adolescente se… pic.twitter.com/AgEttqCYjj
— Les Spectateurs (@SpectateursFr) May 12, 2026
À l'issue de sa garde à vue, le sexagénaire a été présenté à un juge d'instruction qui l'a mis en examen pour "fabrication et diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur", "propositions sexuelles faites à un mineur de quinze ans par un majeur utilisant un moyen de communication électronique" et "sollicitation d'un mineur par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image à caractère pornographique". Présenté ensuite au juge des libertés et de la détention, il a été placé en détention provisoire.
Déjà condamné en 2025 pour des images pédopornographiques
Dominique B. n'en est pas à sa première confrontation avec la justice. Il a déjà été condamné le 9 janvier 2025 par le tribunal correctionnel de Vesoul à 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, pour "transmission et captation en vue de sa diffusion d'image à caractère pornographique de mineurs" et "détention de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique". Cette peine s'était accompagnée d'une "interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs". Lors de ce même procès, il avait toutefois été relaxé des faits d'agressions sexuelles et de corruption de mineur pour lesquels il était également poursuivi.
En 2020, il avait déjà fait l'objet d'une mise en examen pour des agressions sexuelles sur mineurs, à la suite de plaintes déposées par plusieurs familles dont les filles, scolarisées dans un lycée de Lure, disaient avoir reçu de sa part des SMS à caractère sexuel.
Sur son compte X, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a exprimé son "effroi" après ces révélations, précisant que l'intéressé n'exerçait plus de fonctions en son sein depuis janvier 2020. "Si les faits nouvellement rapportés devaient être confirmés, ils seraient d'une gravité absolue", a poursuivi le comité, rappelant sa position de tolérance zéro concernant les comportements pouvant relever de violences sexuelles sur mineurs. De son côté, l'UNSS a rappelé dès mardi soir, dans un communiqué, que l'homme "n'exerce plus aucune fonction au sein de l'UNSS depuis 2020" et que sa suspension avait été immédiate dès que les faits ont été connus.