Incendie de la mairie de Limoges : les deux suspects mis en examen et écroués

Le parquet de Limoges avait requis la détention provisoire des deux mis en cause, à l'issue de leurs gardes à vue. L'information judiciaire ouverte vendredi vise notamment une tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique.
Incendie de la mairie de Limoges : les deux suspects mis en examen et écroués
La mairie de Limoges a été incendiée samedi 17 octobre 2026. (capture écran vidéo témoin / DR)
Par Actu17
Le samedi 24 octobre 2026 à 13:58

Les deux hommes soupçonnés d'avoir participé à l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges (Haute-Vienne), le 17 octobre dernier, ont été mis en examen et placés en détention provisoire. La procureure de la République de Limoges, Émilie Abrantes, a annoncé ce samedi matin que les deux personnes interpellées "ont été mises en examen par le magistrat instructeur et placées en détention provisoire". Âgés de 40 et 66 ans, ils sont visés par une information judiciaire ouverte notamment pour tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique, treize policiers municipaux se trouvant à l'intérieur du bâtiment au moment des faits.

Le parquet a ouvert cette information judiciaire vendredi, au terme des gardes à vue menées dans le cadre de l'enquête de flagrance. Le juge d'instruction a été saisi des chefs de tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique, de destruction en bande organisée du bien d'autrui par moyen dangereux pour les personnes, visant la mairie, et d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime. L'information judiciaire vise également des menaces de mort à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique, ainsi que la destruction de véhicules de la police municipale par moyen dangereux, commise en raison de la qualité de leur propriétaire. Le ministère public avait requis le placement en détention provisoire des deux suspects. Les investigations se poursuivent désormais sous la direction du magistrat instructeur.

Le premier mis en cause, âgé de 40 ans et originaire de la Creuse, avait été interpellé mardi matin à Val-d'Issoire par les policiers de l'antenne bordelaise du RAID. Selon une source proche du dossier, il appartiendrait à la mouvance d'ultragauche et ferait l'objet d'une fiche S. Il serait également connu pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique. Le second suspect, un homme de 66 ans, a été arrêté tôt jeudi matin dans la Creuse, là aussi avec l'appui du RAID.

Treize policiers municipaux dans le bâtiment

L'enquête avait pris un nouveau tournant jeudi, lorsque le parquet avait étendu la garde à vue du quadragénaire au chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique. Cette décision s'est appuyée sur l'analyse de la chronologie des faits, sur les images captées par un drone de la police nationale et sur les auditions des treize policiers municipaux présents dans l'hôtel de ville au moment des faits. Le soir de l'incendie, le maire LR, Guillaume Guérin, avait expliqué à l'AFP que ces agents avaient pu sortir alors que les assaillants entraient dans le bâtiment et les menaçaient de mort.

Un édifice de 1883 en grande partie détruit

Les faits se sont produits samedi 17 octobre en fin d'après-midi, en marge d'une journée de mobilisation contre la vie chère. Les auteurs ont pénétré dans la mairie par les caves avant d'y déclencher le feu, qui s'est ensuite propagé jusqu'aux combles. Malgré l'intervention des sapeurs-pompiers durant toute la nuit, la toiture et le campanile de 43 mètres se sont effondrés. Inauguré en 1883 et classé au patrimoine historique, l'édifice a été en grande partie détruit, à l'exception de son aile administrative. L'élu estime le montant des dégâts à plusieurs dizaines de millions d'euros, voire à plus d'une centaine de millions.

Les investigations ont été conduites par la Sous-direction antiterroriste (SDAT), en co-saisine avec la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Limoges.