Le vendredi 28 août 2026 à 09:23
Sébastien Delogu est ressorti libre du commissariat central de Marseille jeudi soir, après plus de huit heures de garde à vue. Le député de La France insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône est convoqué le 13 novembre pour outrage, à la suite de son altercation de lundi avec trois policiers venus interpeller son voisin de palier. Dans la nuit, le parlementaire a remercié les forces de l'ordre sur Instagram.
Le député s'était présenté à 14 heures au commissariat central, accompagné de son avocat, en costume bleu et sans un mot pour la presse. Il en est reparti neuf heures plus tard par une issue détournée, montant dans un taxi sans faire de déclaration. L'enquête de flagrance, ouverte pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique, a été confiée à la Division de la criminalité territoriale (DCT).
Ce que reprochent les trois policiers
Les faits remontent au lundi 24 août, dans l'immeuble du 2e arrondissement marseillais où réside Sébastien Delogu. Trois fonctionnaires du service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC), en tenue civile, s'y étaient rendus une première fois dans la matinée pour une enquête de voisinage, sans trouver l'homme recherché, et le député avait alors été en contact téléphonique avec eux. Ils sont revenus vers 15h30 pour interpeller le voisin de palier de l'élu, soupçonné du vol d'une montre de luxe.
Dans leur plainte, les policiers affirment avoir été empêchés d'entrer dans le bâtiment par le parlementaire, qui leur aurait indiqué avoir prévenu le mis en cause de leur venue. Il aurait fait barrage de son corps et traité les agents à deux reprises de "trou du cul". Les plaignants lui prêtent également la formule "la République, c'est moi". Le suspect a finalement été interpellé sans difficulté.
La version du député, à rebours de celle des fonctionnaires
Sébastien Delogu conteste ce récit et a déposé plainte contre X pour injures et violences physiques, selon son avocat. Il soutient que les fonctionnaires, en tenue civile, ne s'étaient pas annoncés comme policiers. L'un d'eux l'aurait insulté, puis lui aurait porté "un coup sur la poitrine". L'élu de 39 ans, qui a transmis aux médias des enregistrements vidéo partiels de la scène, réclame la saisine de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Le député s'est exprimé à deux reprises sur Instagram après sa sortie. D'abord un cœur blanc se détachant sur un fond noir, avec ces deux mots : "Tout va bien". Puis, dans la nuit, un texte plus long. "Je tiens à exprimer ma gratitude pour tous vos messages de soutien. Je remercie également les forces de l'ordre qui se sont comportées de manière irréprochable. Je suis actuellement chez moi, en train de me reposer, et je m'exprimerai bientôt", écrit celui qui venait d'être entendu par les enquêteurs de la DCT.
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