Marseille : Un policier mis en examen pour avoir fracassé le crâne d'une jeune femme à coups de matraque en 2018

Le fonctionnaire, aujourd'hui affecté aux renseignements territoriaux, est soupçonné d'avoir porté les coups de matraque qui ont fracassé le crâne d'Angelina, le 8 décembre 2018 en marge d'une manifestation à Marseille. Le parquet réclamait son placement en détention provisoire.
Marseille : Un policier mis en examen pour avoir fracassé le crâne d'une jeune femme à coups de matraque en 2018
Un policier à Paris, le 25 juillet 2024. (Illustration / HJBC / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 24 avril 2026 à 16:29

Un policier a été mis en examen pour violences aggravées. Il est soupçonné d'avoir fracassé le crâne d'une jeune femme de 19 ans à coups de matraque, alors qu'elle se trouvait au sol, en marge d'une manifestation organisée dans le centre-ville de Marseille le 8 décembre 2018. Cette décision judiciaire intervient plus de sept ans après les faits.

Le fonctionnaire, aujourd'hui affecté aux renseignements territoriaux, a été présenté à un magistrat dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a été mis en examen pour "violences ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à 8 jours" avec trois circonstances aggravantes retenues : avoir agi en tant que personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion et avec arme, comme l'a révélé Mediapart.

Le parquet de Marseille avait requis son placement en détention provisoire. Le juge des libertés et de la détention (JLD) a toutefois opté pour un contrôle judiciaire, assorti d'une interdiction d'exercer toute activité policière sur la voie publique.

Une affaire au retentissement national

Les faits remontent au 8 décembre 2018. Ce jour-là, Angelina, alors âgée de 19 ans, et son ami sont pris à partie par des fonctionnaires de police dans le centre-ville de Marseille, en marge d'un rassemblement. La jeune femme, d'abord connue dans la procédure sous le pseudonyme de "Maria", dépose plainte auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). L'affaire connaît alors un retentissement national lorsque des clichés de la jeune femme sur son lit d'hôpital circulent dans les médias, révélant de larges plaies suturées au sommet de son crâne.

Depuis l'ouverture de l'enquête, près d'une quinzaine de fonctionnaires de police ont fait l'objet de poursuites dans ce dossier. Selon une source proche de l'enquête, les investigations ont permis aux enquêteurs d'identifier celui qu'ils considèrent aujourd'hui comme le principal auteur des coups portés à la jeune femme.