Le vendredi 25 septembre 2026 à 22:32
La cour d'assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Federico Martin Aramburú, ce vendredi 25 septembre. Son co-accusé, Romain Bouvier, a écopé de 19 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre. L'ancien international argentin de rugby, âgé de 42 ans, avait été abattu par balles en pleine rue, boulevard Saint-Germain, dans le VIe arrondissement de Paris, en mars 2022. La décision a été rendue après plus de 11 heures de délibéré, au terme de trois semaines de procès.
Les juges et les jurés n'ont pas retenu les qualifications d'assassinat et de tentative d'assassinat pour lesquelles les deux hommes étaient jugés. La cour a estimé que Loïk Le Priol, ancien militaire de 32 ans, et Romain Bouvier, 35 ans, avaient bien l'intention de tuer la victime, mais que la préméditation n'était pas établie. La légitime défense et l'altération du discernement ont également été écartées. Loïk Le Priol a aussi été reconnu coupable de violences sur Shaun Hegarty, un ami et ancien coéquipier de Federico Martin Aramburú. Romain Bouvier a également été condamné pour détention d'armes. Les deux hommes devront se soumettre à un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.
Les peines prononcées sont légèrement inférieures aux réquisitions. Mercredi, l'avocat général Philippe Courroye avait réclamé 27 ans de réclusion criminelle contre Loïk Le Priol et 20 ans contre Romain Bouvier. Le magistrat considérait qu'il y avait eu "une chasse à l'homme", et donc une préméditation. "Ils ont administré leur justice privée", avait-il lancé devant la cour.
«Une idéologie mortifère»
Après l'énoncé des peines, le président de la cour s'est adressé à Loïk Le Priol. "La cour a noté l'extrême gravité des faits alimentée par une rage narcissique qui a conduit à une mort gratuite d'un père de famille de 42 ans. La cour a aussi noté votre fascination pour les armes et une idéologie mortifère", a-t-il déclaré. Il a également évoqué un risque criminologique élevé. Le magistrat a par ailleurs estimé que la légitime défense n'était "nullement caractérisée".
Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 mars 2022. Une bagarre sur fond d'alcool avait éclaté sur la terrasse de la brasserie Le Mabillon. Une quinzaine de minutes plus tard, sur le boulevard Saint-Germain, près de l'établissement, Romain Bouvier puis Loïk Le Priol ont ouvert le feu sur Federico Martin Aramburú, qui n'était pas armé. Dix coups de feu ont été tirés au total. Les deux hommes, issus de la mouvance d'extrême droite radicale, étaient sympathisants du GUD (Groupe union défense), dissous en juin 2024. Durant le procès, aucun d'eux n'a contesté avoir tiré.
Deux autres accusés condamnés
Lyson Rochemir, l'ex-compagne de Loïk Le Priol, qui conduisait la Jeep le soir des faits, a écopé de trois ans d'emprisonnement, dont 30 mois avec sursis, pour dissimulation de preuves. Elle a été acquittée de la complicité de tentative d'assassinat. Anthony Sorrentino, qui avait aidé Romain Bouvier dans sa fuite, a été condamné à trois ans d'emprisonnement avec sursis.
Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Loïk Le Priol a pris la parole une dernière fois. "Je porterai évidemment le poids de la culpabilité à vie. J'ai écouté les réquisitions. 27 ans, c'est vertigineux, c'est l'âge que j'avais au moment des faits", a-t-il déclaré. Les condamnés disposent de dix jours pour faire appel de cette décision, tout comme l'avocat général.