Le vendredi 24 avril 2026 à 11:26
Les deux fonctionnaires d'une compagnie de CRS en déplacement à Nice, nés en 1998 et 1999 et sans antécédents judiciaires, ont été déférés ce vendredi 24 avril dans le cadre d'une procédure de convocation par procès-verbal. Ils comparaîtront le 1er juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Nice pour des faits de violences ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure à 8 jours en réunion et en état d'ivresse manifeste, ainsi que de vol en réunion avec violences, commis sur un jeune homme de 22 ans au petit matin du 18 avril, boulevard de l'Ariane. Le juge des libertés et de la détention (JLD) a été saisi d'une demande de placement sous contrôle judiciaire jusqu'à l'audience. L'information a été communiquée ce vendredi par le parquet de Nice dans un nouveau communiqué, trois jours après la révélation de l'affaire.
Les faits remontent au 18 avril 2026 vers 5 heures du matin. La victime, un individu né en 2003, inconnu des services de police, se trouvait près de son domicile situé boulevard de l'Ariane à Nice lorsqu'elle a déposé plainte le jour même pour vol et violences. Selon son récit aux enquêteurs, "une dispute avait éclaté avec deux individus alcoolisés qui pensaient avoir été insultés par lui alors qu'il téléphonait dans sa voiture". Le jeune homme "recevait alors plusieurs coups au visage et était amené au sol", avant de parvenir à se relever et à s'éloigner "en traitant de lâches les deux mis en cause", détaille le parquet. Il a alors été de nouveau frappé et mis au sol. Alors qu'il demandait à un voisin présent d'appeler la police, les mis en cause lui ont indiqué que "c'était eux la police". Tandis qu'il était au sol, un des mis en cause lui a dérobé différents objets tombés dont une somme de 100 euros et son permis de conduire.
Le 21 avril, le père de la victime a remis aux enquêteurs une vidéo amateur de la scène sur laquelle un des mis en cause était entendu dire que c'était la police. Sur ces images publiées sur les réseaux sociaux, on aperçoit la victime recevoir de nombreux coups, notamment à la tête, alors qu'elle est au sol. L'homme a également été "traîné par terre par les cheveux". Blessé et choqué, il a été examiné par un médecin légiste qui a fixé une ITT (incapacité totale de travail) de 4 jours. L'enquête des chefs de violences aggravées et vol aggravé a été confiée au Service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice.
FLASH | À Nice dans le quartier de l’Ariane un homme accuse deux hommes se présentant comme policiers de l’avoir violemment agressé, une vidéo filmée par un habitant a permis le dépôt d’une plainte ce samedi, l’avocat évoque soit de vrais policiers ayant agi avec une extrême… pic.twitter.com/hGMGSKjzdE
— Cpasdeslol (@cpasdeslol_X) April 22, 2026
Un état d'ébriété avancé
Au-delà de la vidéo amateur initiale, l'analyse des images de vidéoprotection de la ville de Nice est venue conforter les déclarations de la victime. Selon le parquet, elle se trouvait dans son véhicule lorsqu'un des deux mis en cause est venu à son contact. "Après un court échange, le même individu sortait la victime du fourgon en l'attrapant par le cou et la poussait", indique le communiqué. La victime s'est éloignée pour s'extraire de ces premiers échanges avant d'être rattrapée, de recevoir des coups et d'être mise au sol où elle a été de nouveau frappée, à titre principal par le même mis en cause. Le second individu a été vu au contact de la victime au sol et en train de récupérer différents éléments présents sur le trottoir. Les images ont également permis "d'envisager au travers de leurs attitudes et déplacements que les deux mis en cause étaient en état d'ébriété avancé".
Le 22 avril 2026 au matin, les deux fonctionnaires de police se sont présentés aux services de police avec leur hiérarchie et ont été placés en garde à vue. Dans ce cadre, ils ont indiqué avoir été menacés et insultés à raison de leur qualité, affirmant avoir été reconnus par la victime comme CRS. Le principal auteur des violences, après avoir nié la consommation d'alcool au cours de la soirée, a finalement reconnu avoir bu deux bières "sans ivresse". Le second a déclaré pour sa part qu'ils avaient fait plusieurs établissements dans la soirée et avaient consommé plusieurs verres, notamment de rhum et de vodka. Tous deux ont considéré être "restés maîtres d'eux-mêmes". L'un d'entre eux a précisé que son collègue s'était fait expulser d'un établissement par un videur, sans en connaître le motif.
Quant aux faits de vol, le mis en cause a reconnu avoir récupéré des éléments au sol dont des billets, pensant qu'ils appartenaient à son collègue. Les deux fonctionnaires ont exprimé des regrets quant à leur comportement. Réentendue, la victime a indiqué également avoir consommé de l'alcool au cours de la soirée, mais a continué de contester toute menace ou provocation et a nié avoir su qu'il s'agissait de policiers.
Une interdiction de paraître à Nice requise
Dans le cadre de la demande de placement sous contrôle judiciaire présentée au juge des libertés et de la détention, le parquet requiert jusqu'à l'audience du 1er juin l'interdiction pour les deux mis en cause de détenir ou porter une arme, l'interdiction de contact entre eux, ainsi que l'interdiction de paraître à Nice.
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, précise toutefois un point juridique important : "la qualité de personne dépositaire de l'autorité publique n'étant pas retenue comme circonstance aggravante des violences qui ne sont intervenues ni dans l'exercice des fonctions ni à l'occasion des fonctions, l'interdiction d'exercice professionnel ne peut être requise dans le cadre de la demande de placement sous contrôle judiciaire".