Le mardi 16 juin 2026 à 19:44
Un animateur d'une école parisienne a été relaxé, ce mardi 16 juin, par le tribunal correctionnel de Paris. Poursuivi pour agressions sexuelles et harcèlement sur des mineures de moins de 15 ans, il a bénéficié d'une relaxe, le tribunal ayant estimé que l'infraction n'était pas caractérisée. Il s'agit de la première affaire jugée dans la capitale sur fond de scandale des violences dans le périscolaire parisien. La décision a provoqué la colère des familles des enfants concernés.
Nicolas G., 47 ans, animateur dans une école du XIe arrondissement, a été écarté de ses fonctions à l'automne 2024 et placé sous contrôle judiciaire. Il lui était notamment reproché d'avoir touché la poitrine de fillettes âgées de 9 à 10 ans et de les avoir surnommées par des termes affectueux. Il aurait également enlacé les fillettes contre leur gré et installé l'une d'elles sur ses genoux. Selon les enfants, qui ont rapporté ses propos à leurs parents, il aurait lancé à l'une d'elles : "Je te ferais des bisous partout si je pouvais."
Un élément matériel jugé non caractérisé
L'audience s'était tenue le 5 mai, à huis clos. Le ministère public avait alors demandé que l'animateur soit condamné à une peine de dix-huit mois de prison avec sursis. Dans son jugement, le tribunal a relevé un comportement "inapproprié", mais a considéré que "faute d'indication précise sur le geste reproché, l'élément matériel de l'infraction n'était pas caractérisé", et que l'élément intentionnel n'était pas davantage constitué.
Les magistrats ont estimé que Nicolas G. "aurait dû faire l'objet de rappels à l'ordre" et d'une "formation", sans que ses agissements soient "constitutifs d'une infraction pénale".
L'indignation des familles
La relaxe a suscité l'indignation des familles. La porte-parole du collectif MeTooEcole, Barka Zerouali, interrogé par l'AFP, a comparé la décision à "une gifle pour les familles concernées". L'avocate de cinq familles, Me Julie Chalumeau, a pour sa part estimé que "cette décision suscite une très grande incompréhension".
L'affaire s'inscrit dans un contexte plus large. Depuis janvier 2026, 78 agents au total ont été écartés des écoles parisiennes, dont 31 visés par des soupçons de nature sexuelle. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), a dénoncé un caractère "systémique" et lancé à la mi-avril un dispositif doté de 20 millions d'euros en faveur du périscolaire. Le tribunal correctionnel de Paris doit par ailleurs se prononcer le 7 juillet dans une autre affaire similaire.