Le mercredi 20 mai 2026 à 15:24
Seize personnes ont été interpellées et placées en garde à vue ce mercredi 20 mai au matin à Paris, dans le cadre d'enquêtes visant l'école maternelle publique Saint-Dominique, située dans le VIIe arrondissement. Cette opération, menée par la brigade de protection des mineurs (BPM) sous l'autorité du parquet de Paris, s'inscrit dans plusieurs procédures distinctes ouvertes pour des faits de natures et de gravités différentes. Plusieurs des personnes interpellées faisaient déjà l'objet de mesures de suspension.
Le parquet de Paris a évoqué "plusieurs procédures distinctes, ouvertes pour des faits de natures et de gravités différentes". Selon les informations du Monde, les qualifications retenues sont notamment celles de "viols sur mineurs", "agressions sexuelles sur mineurs" et "violences sur mineurs". Les investigations sont confiées à la BPM.
Une émission de Cash Investigation à l'origine de la libération de la parole
Ce coup de filet intervient près de quatre mois après la diffusion, le 29 janvier 2026, d'un numéro de Cash Investigation sur France 2 consacré au temps périscolaire dans cet établissement. Tourné en mai 2025, le reportage avait été réalisé par une journaliste en immersion. Y figuraient notamment, en caméra cachée, des cris d'animateurs visant des enfants de maternelle, une scène montrant une encadrante donner un baiser sur la bouche à un petit garçon dans la cour, ou encore plusieurs adultes plongés dans leur téléphone portable durant leur temps de travail. La diffusion de l'émission a déclenché la libération de la parole des enfants et de leurs familles.
Dimanche 17 mai, sur RTL, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a fait état de l'ampleur du dossier : le parquet a ouvert des enquêtes concernant 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles primaires et une dizaine de crèches. "Tous les arrondissements parisiens sont concernés", a-t-elle précisé. À ce stade, trois informations judiciaires ont été ouvertes et cinq personnes ont été convoquées devant le tribunal correctionnel.
Du côté de la mairie de Paris, 78 agents ont été suspendus depuis le début de l'année 2026, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Ces chiffres, annoncés début avril par le nouveau maire socialiste de la capitale, Emmanuel Grégoire, traduisent selon lui un caractère "systémique".
Plusieurs procédures judiciaires déjà engagées
La crise dans le périscolaire parisien a éclaté au printemps 2025, après que plusieurs familles ont signalé des faits présumés d'agressions sexuelles sur des enfants âgés de 3 à 5 ans à l'école maternelle Alphonse-Baudin, dans le XIe arrondissement. Le procès de l'animateur mis en cause dans ce dossier est programmé le 26 mai. Plusieurs autres procédures judiciaires ont depuis été engagées. Fin avril, un encadrant d'une vingtaine d'années officiant à l'école maternelle Servan, située dans le même arrondissement, a été incarcéré dans le cadre d'une mise en examen pour "gestes de nature sexuelle" commis sur trois enfants, rapporte Le Monde.
Le 5 mai, le premier procès lié à ce scandale s'est tenu à huis clos devant le tribunal correctionnel de Paris : une peine de 18 mois de prison avec sursis a été requise à l'encontre d'un animateur de 47 ans, jugé pour harcèlement sexuel sur neuf fillettes de 10 ans et agressions sexuelles sur trois d'entre elles. Le délibéré sera rendu le 16 juin.