Le mardi 24 février 2026 à 18:36
Deux anciens policiers de la brigade des stupéfiants de Paris ont été condamnés, mardi, par le tribunal correctionnel de Paris, à quatre et cinq ans d'emprisonnement pour avoir substitué des saisies de cocaïne par du plâtre ou de la pâte à sucre. Les peines ont été prononcées avec mandat de dépôt à effet différé. La justice a également ordonné la confiscation de 600 000 euros saisis sur les comptes du principal mis en cause.
Thierry C., 60 ans, ancien capitaine et présenté comme le meneur, a écopé de la peine la plus lourde, soit cinq ans de prison. Christophe J., 50 ans, ancien brigadier, a été condamné à quatre ans d'emprisonnement. Les deux hommes, qui encouraient jusqu'à dix ans de prison, ont également été frappés d'une interdiction définitive d'exercer toute fonction publique. Déjà radiés de la police, ils avaient demandé à être jugés à huis clos, une requête rejetée par la présidente du tribunal.
Les deux fonctionnaires, collègues de nuit liés amicalement, ont reconnu avoir procédé à huit substitutions de saisies de cocaïne entre juin 2020 et leur interpellation en décembre 2022. Au total, 9 kg de poudre blanche ont été détournés et remplacés par du plâtre ou de la pâte à sucre, reconditionnés dans les pochons originaux. "L'estimation de la valeur marchande, c'est jusqu'à 630 000 euros", avait rappelé la présidente du tribunal lors de l'audience, en janvier. La cocaïne était dissimulée dans le faux plafond au-dessus des douches des femmes, situées au même quatrième étage que leurs bureaux du siège de la police judiciaire. L'instruction n'est toutefois pas parvenue à caractériser de cession du produit illicite : les deux ex-policiers n'étaient poursuivis que pour détention et transport de stupéfiants.
«C'est le truc le plus débile, le plus idiot, le plus grave que j'ai fait»
À la barre, les deux mis en cause avaient justifié leurs agissements par une séparation amoureuse, l'anxiété liée au Covid et, surtout, le harcèlement subi par leur supérieur hiérarchique. "C'est le truc le plus débile, le plus idiot, le plus grave que j'ai fait. Mais on n'est pas reconnu, on nous prend pour des moins que rien. Eh bien puisque c'est comme ça, on se comporte comme des moins que rien", avait avancé Thierry C. Les deux hommes ont assuré avoir mis fin à leurs agissements à l'approche de l'accouchement de la compagne de l'un d'entre eux, affirmant avoir vidé la drogue restante dans les toilettes.
Le tribunal n'a pas été convaincu par ces explications. "Le mobile invoqué est peu entendable" et les "raisons réelles du passage à l'acte demeurent opaques", ont constaté les magistrats pour justifier la lourdeur de la peine, déplorant une "posture qui s'analyse comme une manière de se déresponsabiliser et se poser en victime d'un système".