Le mercredi 25 mars 2026 à 22:50
Un ancien policier de 58 ans, Jean-Pierre Dagos, a été condamné ce mercredi 25 mars à douze ans de prison par la cour criminelle de Seine-et-Marne pour avoir violé à deux reprises une femme venue porter plainte pour violences conjugales au commissariat de Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Il a également été condamné à verser 40 000 euros de dommages et intérêts à la victime.
Les faits remontent au 22 février 2023. Ce jour-là, l'ex-fonctionnaire impose une fellation à une ressortissante angolaise, sans titre de séjour, d'une cinquantaine d'années, venue déposer plainte contre son conjoint pour violences conjugales. Quelques jours plus tard, il convoque à nouveau la victime dans son bureau et reproduit les faits. Face au policier, qu'elle pensait armé et en capacité de la renvoyer dans son pays sans ses trois enfants nés en France, cette dernière estime ne pas avoir eu d'autre choix que d'obtempérer.
«Un prédateur sur le plan sexuel»
Jugé depuis lundi, en détention depuis fin 2023, Jean-Pierre Dagos a reconnu pleinement les viols après les avoir dans un premier temps niés. "Je suis entièrement responsable de tout ça", "j'ai été dégueulasse", a-t-il déclaré à l'ouverture du procès, avant de s'adresser à la victime : "C'est vous la victime, c'est pas moi."L'ancien policier a également évoqué son incapacité à percevoir le non-consentement, expliquant avoir lui-même été victime de multiples viols dans son enfance.
Au cours du procès, le profil de l'accusé a été longuement examiné. Une ancienne compagne l'a qualifié de "prédateur sur le plan sexuel" et plusieurs de ses collègues ont dénoncé des propos ou des actes à connotation sexuelle. Selon un enquêteur de l'IGPN, sur les 176 plaintes de femmes enregistrées par Jean-Pierre Dagos en 2023, 19 ont relevé des comportements au minimum inappropriés. L'ex-policier avait par ailleurs déjà été condamné en 2010 à un mois de prison avec sursis pour exhibition sexuelle envers plusieurs factrices.
«Un préjudice psychologique indéniable»
La cour criminelle, qui a suivi les réquisitions de l'avocate générale, a pointé le "préjudice psychologique indéniable" à l'égard de la victime ainsi que "le préjudice causé à l'institution judiciaire, policière", tout en prenant en compte la prise de conscience "sincère, authentique et profonde" de l'accusé. L'avocate de la partie civile, Me Naïma Nezlioui, s'est dite satisfaite de la peine prononcée.