Khalid B., un « ami d’Édouard Philippe » promptement libéré après avoir frappé un policier


Illustration. (Shutterstock)

L’homme a reconnu avoir « agressé et frappé le policier » qui intervenait hors service.

La Police Judiciaire de Rouen a été chargée de l’enquête pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », dans une affaire qui pourrait mettre en défaut les services du Premier ministre. Tout a débuté dimanche vers 19h30, lorsque Khalid B., qui rendait visite à ses parents demeurant dans la résidence privée Gustave-Flaubert, rue Louise-Michel à Darnétal (Seine-Maritime) a croisé le chemin d’un policier.

Ce dernier, affecté au sein de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS 31) localisée sur la commune, lui a demandé la raison de sa présence sur place. Le ton est monté entre les deux hommes et Khalid B. a frappé le fonctionnaire, révèle Mediapart. Le mis en cause évoquera avoir estimé être victime de « délit de faciès ». Pourtant, la résidence avait été dernièrement victime de vols et de dégradations, selon 76actu, ce qui pourrait expliquer la réaction du policier, même hors service.

La BAC interpelle l’agresseur

Alerté par des riverains, un équipage de la brigade anticriminalité est intervenu sur place et a interpellé l’agresseur de leur collègue. Khalid B., âgé de 40 ans, a été placé en garde à vue à l’hôtel de police.

Libéré rapidement

Mais rapidement, vers 5h30 du matin, la mesure a été levée, et l’homme a été libéré. En règle générale, les mis en cause sont relâchés « vers 20 heures quand le magistrat termine sa permanence, ou après 8h30-9 heures, quand il commence la suivante. On ne relâche jamais à 5h30 du matin, sauf à ce qu’il y ait eu une intervention… », relate Mediapart citant une source judiciaire.


Khalid B. a en effet affirmé lors d’une audition qu’il travaillait pour le Premier ministre en tant que conseiller « diplomatie et communication », écrit 76actu, qui précise qu’il a prétendu devoir se rendre au Havre, auprès d’Édouard Philippe qui recevait Dmitri Medvedev.

Un « ami » mais pas un « collaborateur » d’Édouard Philippe

Pour son avocate, l’homme « s’est défendu d’une provocation et d’une agression d’un policier qui était en tongs et l’empêchait de circuler librement ». D’autre part, elle a précisé à Mediapart que son client « est une relation professionnelle et un ami d’Édouard Philippe, mais pas un collaborateur ».

Car après vérifications, Khalid B. n’apparaît en effet sur aucun organigramme de Matignon. Une nouvelle audition du mis en cause est prévue mardi matin, par les enquêteurs de la Police Judiciaire de Rouen.