«La peur doit vraiment changer de camp», le policier gravement blessé à Rive-de-Gier s’exprime


Jean-Paul, policier, a été gravement blessé lors d'une intervention à Rive-de-Gier. (capture écran)

Le policier de 50 ans grièvement blessé à la tête par un projectile lors d’une intervention à Rive-de-Gier (Loire), s’exprime dans une vidéo, sur son lit d’hôpital. Un message fort qui s’adresse « à nos dirigeants ».

Il a frôlé la mort. Un brigadier-chef du commissariat de Saint-Chamond, père de deux enfants, a été grièvement blessé lors d’une intervention pour un tapage nocturne jeudi dernier, à Rive-de-Gier. Avec ses collègues, ils se sont retrouvés face à une quinzaine d’individus qui se sont rapidement montrés agressifs. Touché au niveau de la tête par un projectile, le policier de 50 ans a été opéré d’urgence à l’hôpital après être tombé dans le coma. Son pronostic vital avait été un temps engagé, avec que son état de santé s’améliore.

Le policier s’est exprimé dans une vidéo alors qu’il se trouve à l’hôpital, à Saint-Étienne. La séquence a été publiée par les syndicats de police, notamment lors du rassemblement devant l’Assemblée nationale ce mercredi à Paris. Le fonctionnaire s’exprime sans détour. « Salut à tous, je suis Jean-Paul. A la suite d’une intervention banale, j’ai pris un projectile sur la tête. Je vous fais voir le résultat, c’est pas très joli », dit-il avant de montrer ses blessures.

« Si rien n’est fait, demain ça sera à ma place un autre policier »

« J’ai la chance d’avoir été pris en main par une équipage soignante qui est formidable et qui a fait du bon travail. Je devrais normalement m’en sortir sans trop de séquelles », poursuit-il. « Je fais cette vidéo aujourd’hui, il y a longtemps que j’aurais dû la faire, car il y en a marre. La peur doit vraiment changer de camp. Ça fait des années qu’elle aurait dû changer de camp. Et si rien n’est fait, demain ça sera à ma place un autre policier, ou un citoyen. Et puis après-demain, ça va recommencer. Ça ne s’arrêtera jamais », lance le fonctionnaire.

« Ce message d’adresse à nos dirigeants. Eux seuls ont le pouvoir de changer les choses. J’espère qu’ils le feront », conclue-t-il, avant de remercier les policiers et les citoyens qui ont participé au rassemblement devant l’Assemblée nationale, à Paris.

Une enquête pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique » a été ouverte suite à l’agression de ce policier. A ce stade, il n’y a pas eu d’interpellation. Le parquet a lancé un appel à témoins afin d’aider les enquêteurs. La sûreté départementale est en charge de ce dossier.