Les violences contre les policiers ont doublé en 15 ans en France


Illustration. (IP3 PRESS/MAXPPP)

Les violences envers les forces de l’ordre n’ont cesse d’augmenter ces dernières années. Et ce n’est pas une impression : en 15 ans, le nombre de blessés dans la police a doublé.

Une policière de 51 ans a été grièvement blessée dans la nuit de samedi à dimanche aux Ulis (Essonne), lors d’une intervention dans un camp de gens du voyage. La fonctionnaire a été volontairement percutée par un chauffard prenant la fuite. Dans le même département un mois plutôt, c’est un policier de la BAC qui avait été percuté et très grièvement blessé par un chauffard, à Savigny-sur-Orge. La même semaine, deux policiers avaient aussi été la cible de deux chauffards en Seine-et-Marne, à Mitry-Mory.

Début octobre, ce sont deux fonctionnaires de la police judiciaire qui avaient quant à eux été sauvagement agressés par trois individus qui s’étaient emparés de leurs armes de service. En août dernier, un brigadier de police a été tué au Mans (Sarthe) alors qu’il tentait de récupérer la clef de contact d’un homme au volant, qui était alcoolisé. Sans oublier le décès tragique de la gendarme Mélanie Lemée en juillet, mortellement percutée par un chauffard à Port-Sainte-Marie, près d’Agen (Lot-et-Garonne).

Les cas d’agressions visant les forces de l’ordre sont désormais courants et nous les relatons quotidiennement. Les policiers sont régulièrement agressés et sont de plus en plus nombreux à être blessés indique Le Figaro qui s’est procuré un bilan de la Direction générale de la police nationale (DGPN). Alors que 3842 policiers avaient été blessés en 2004, ils sont 7399 à avoir été touchés l’an passé, soit plus de 20 par jour.

Une centaine d’agressions par jour

Déjà en août dernier, le quotidien avait révélé que près de 24 000 refus d’obtempérer ont été recensés en un an par les policiers et les gendarmes. Un chiffre qui représente un fait constaté toutes les demi-heures en France. Les outrages ont également progressé de 5,3% sur cette même période, avec 28 558 faits comptabilisés en 2019. Du côté des violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, 36 043 faits été enregistrés l’année dernière, ce qui représente près d’une centaine d’agressions par jour en moyenne.


Par ailleurs, les attaques visant des commissariats se produisent désormais sur l’ensemble du territoire. Les agresseurs utilisent notamment des mortiers d’artifice et n’hésitent pas à filmer leurs actes pour diffuser leurs images sur les réseaux sociaux. Depuis janvier, 63 commissariats ou postes de police ont été pris pour cible, soit un fait par semaine en moyenne. 26 ont été commis en région parisienne.

« La surmortalité liée au suicide est de 41 % chez les hommes »

« Face à la progression du nombre de blessés, nous avons étoffé le service de soutien psychologique opérationnel (SSPO) », a réagi la Direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN), à nos confrères.

« Dans la profession, la surmortalité liée au suicide est de 41 % chez les hommes par rapport au reste de la population », ajoute la DRCPN alors que 59 policiers ont mis fin à leurs jours en 2019 et au moins 31 depuis le début de l’année. 93 psychologues cliniciens travaillent au SSPO, une structure créée en 1996 et 6000 entretiens ont été organisés avec des policiers, soit 6% des effectifs.