Deux refus d’obtempérer chaque heure en France et 30 membres des forces de l’ordre blessés par jour


Illustration. (photo Remy Buisine ©)

L’augmentation de la violence à l’encontre des forces de l’ordre n’est plus à démontrer. Le non-respect de leurs fonctions non plus. En témoigne ce chiffre révélé par Le Figaro, indiquant que 24 000 refus d’obtempérer ont été enregistrés en un an, soit deux toutes les heures. Plusieurs faits marquants ces dernières semaines sont aussi le reflet de cette progression inquiétante.

Un brigadier de police a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi, au Mans (Sarthe). Il s’agit du troisième membre des forces de l’ordre a perdre la vie dans l’exercice de ses fonctions depuis le début de l’année. Eric M. tentait de récupérer la clef de contact d’un homme au volant, qui était semble-t-il alcoolisé, lorsqu’il a brutalement redémarré et percuté un mur. Ce policier de 43 ans était père de trois filles. Durant la même nuit, un automobiliste soupçonné de vol a foncé sur un policier de la Brigade anticriminalité (BAC) d’Agde, qui a ouvert le feu.

Le mois dernier, la gendarme Mélanie Lemée a quant à elle été mortellement percutée par un chauffard qui refusait le contrôle, à Port-Sainte-Marie, près d’Agen (Lot-et-Garonne).

Samedi matin à Montpellier (Hérault), deux policiers en contrôle routier ont été violemment percutés et grièvement blessés par un homme à scooter qui refusait de s’arrêter. Le suspect âgé de 25 ans n’était pas titulaire du permis l’autorisant à conduire un deux-roues de plus de 50 cm3, et n’avait pas non plus d’assurance.

Autre affaire de violences visant cette fois un gendarme au début du mois de juillet à Mayotte. Un commandant du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Mamoudzou a été grièvement blessé après avoir reçu un pavé en plein visage. Souffrant d’une double fracture au niveau de la mâchoire, le gendarme a été transporté à l’hôpital où 45 jours d’Incapacité totale de travail (ITT) lui ont été attribués.


A Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) dimanche soir, les policiers qui sécurisaient l’intervention des sapeurs-pompiers lorsqu’ils ont été attaqués par une vingtaine d’individus. L’un des fonctionnaires a reçu une pierre à la tête et s’est vu prescrire 15 jours d’ITT. Même situation à Ris-Orangis (Essonne) la nuit suivante lorsque des policiers sont arrivés pour une rixe. Ils ont été immédiatement pris pour cible par une dizaine d’individus, et l’un d’entre eux a reçu un caillou en plein visage.

Parmi ces faits graves et marquants, il convient de citer l’agression ultra-violente d’un policier hors service et sa conjointe à Lyon à la mi-juin. Reconnu par des individus, il a été roué de coups et grièvement blessé. « Je me suis résigné et me suis dit que c’était la fin » avait-il témoigné sur son lit d’hôpital.

Près d’une centaine de faits de violences contre les forces de l’ordre, par jour

Tout comme les actes de violences, les refus d’obtempérer sont très nombreux. Nous évoquons chaque semaine des affaires de ce type. Un bilan consulté par nos confrères du Figaro indique que près de 24 000 refus d’obtempérer ont été recensés en un an par les policiers et les gendarmes. Un chiffre qui représente un fait toutes les demi-heures en France. Concernant les outrages, ils ont eux aussi progressé de 5,3% par rapport à 2018. 28 558 affaires de ce type ont été comptabilisées l’an passé.

Autre chiffre très alarmant : 36 043 faits de violences contre des personnes dépositaires de l’autorité publique ont été comptabilisés en 2019, soit presque une centaine chaque jour. En outre, des dizaines de faits de violences, menaces ou de dégradations de bien appartenant aux forces de l’ordre sont à déplorer, alors même que les victimes étaient hors service.

30 blessés quotidiennement

11 217 membres des forces de l’ordre ont été blessés en 2019 en service, 7399 policiers et 3818 gendarmes. Un chiffre qui représente 30 blessés par jour et une augmentation de 12% comparé à 2017 souligne le quotidien. De plus, 220 gendarmes ont été blessés par des voitures en 2019. Ce bilan a explosé de 45% sur les six premiers mois de l’année 2020.

Du côté de la place Beauvau, on déplore une « tendance préoccupante » faisant « l’objet d’une attention permanente du ministre de l’Intérieur ». Gérald Darmanin a lancé en début de semaine un nouveau dispositif à destination des policiers victimes « d’agression, de menaces ou d’injures ». Un numéro vert est désormais opérationnel tout comme une adresse e-mail. L’objectif est également de faire chuter le nombre de suicides au sein des forces de l’ordre, lourdement touchées par ce fléau. La tâche du nouveau ministre de l’Intérieur s’annonce très chargée ces prochains mois.