L’État condamné pour «faute lourde» après un féminicide à Grande-Synthe en 2014


Illustration © Actu17

L’État a été condamné pour « faute lourde » à verser 100 000 euros de dommages et intérêts à la famille d’une femme qui avait été assassinée en 2014 à Grande-Synthe (Nord), par son ex-compagnon, contre lequel elle avait déposé plainte à deux reprises.

La famille d’Isabelle Thomas avait porté plainte contre l’État après le meurtre de cette dernière et ses parents, par son ex-compagnon. La justice lui a donné raison et a condamné l’État à lui verser 100 000 euros pour « faute lourde » rapporte Ouest-France.

Le jour du drame, le 4 août 2014, Isabelle Thomas était au téléphone avec la police. Elle venait de composer le « 17 ». « Dépêchez-vous ! […] on nous tire dessus […] il a un pistolet ! […] On nous tue ! On nous tue ! », a-t-elle alerté. Quelques instants plus tard, elle a été abattue par son ex-compagnon, Patrick Lemoine, tout comme ses parents, dans les rues de Grande-Synthe, près de Dunkerque.

Il avait été placé sous contrôle judiciaire

Isabelle Thomas, 49 ans, avait déposé plainte contre son ex-compagnon le 27 juin 2014, pour violences conjugales. Patrick Lemoine avait alors été placé en garde à vue puis sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction d’entrer en contact avec elle. L’homme devait être jugé le 13 août.

Une seconde plainte le 10 juillet

Le quadragénaire n’avait pas respecté son contrôle judiciaire et continuait de harceler son ancienne compagne qui avait déposé une seconde plainte le 10 juillet ainsi qu’une main courante 13 jours plus tard. Patrick Lemoine ne s’était pas présenté à une convocation au commissariat.


Le tribunal judiciaire de Paris a rendu sa décision ce lundi et a estimé qu’une « faute » des services de police a mis « en position » l’ex-compagnon de la victime, « de commettre les trois assassinats ».

La sœur de la victime, Cathy Thomas avait déposé plainte contre l’État pour « défaillances », puisqu’elle estimait que la dangerosité du tueur n’avait pas été prise en compte et qu’il aurait dû être écroué jusqu’à son procès, et non placé sous contrôle judiciaire, mesure qu’il n’avait pas respectée. Le mis en cause avait également menacé de mort Isabelle Thomas.

Cathy Thomas et ses parents. (DR)

Il décédé après s’être pendu dans sa cellule de prison

Le 4 août 2014, moins d’une dizaine de jours avant le procès qui l’attendait pour violences conjugales, Patrick Lemoine avait pris la voiture de son ex-femme Isabelle, qui était alors avec ses parents, en filature, avant de tuer les trois victimes par balles.

Interpellé, l’homme avait reconnu les faits. Il est décédé le 8 octobre 2014 après s’être pendu dans sa cellule de prison six jours plus tôt.