Lille : Un habitant aurait été séquestré et réduit à l’esclavage par des dealers, 3 individus interpellés


Un habitant de la rue rue Alexandra David-Néel à Lille affirme avoir été séquestré et victime de violences à son domicile durant plusieurs jours. (photo Google)

Trois jeunes dont un mineur aurait utilisé l’appartement de la victime comme point haut pour surveiller un « plan stups ».

Le « mirador ». C’est ainsi que les trois suspects surnommaient l’appartement d’un locataire d’une tour de la rue Alexandra David-Néel à Lille (Nord). Mardi matin, les policiers ont été alertés par cet homme, qui venait de se réfugier dans un commerce. Il affirmait avoir été séquestré durant trois jours à son domicile et avoir été victime de violences par des dealers de la cité, rapporte La Voix du Nord.

Immédiatement, une patrouille de police est venue le récupérer alors qu’il était visiblement choqué. Sa peau laissait apparaître des traces de brûlures de cigarette. Le malheureux assurait également avoir été tondu.

Un appartement situé au 15ème étage d’une tour

Une opération de police a été préparée et déclenchée au domicile du plaignant. L’appartement, situé au 15ème étage d’une tour, donne une vue imprenable sur l’immeuble d’en face connu pour être un « plan stups ». Le trafic de drogue y est si bien implanté que la rue Alexandra David-Néel, appelée « ADN », abrite deux immeubles surnommés « les tours de la mort ».

Dans l’appartement, les fonctionnaires ont surpris trois individus, deux jeunes de 19 et 25 ans, et un mineur. Ils ont été interpellés et placés en garde à vue. Plusieurs téléphones portables et une tondeuse ont été découverts et saisis dans le « mirador », tel que l’appellent les suspects.


Séquestré et réduit à l’esclavage

Le plaignant a expliqué aux enquêteurs que les trois mis en cause le maintenaient chez lui sous la contrainte et l’avaient réduit à l’esclavage. Il a affirmé avoir profité d’une course qu’ils avaient exigée, après trois jours de séquestration, pour demander de l’aide.

Au terme de leur garde à vue, le mineur qui a reconnu les violences a été confié à la justice des enfants, et les deux majeurs ont été déférés devant la justice. Ces derniers nient totalement les accusations portées à leur encontre. L’un des deux a même assuré aux policiers avoir empêché l’habitant de se jeter par la fenêtre.

2 suspects écroués

Les enquêteurs vont devoir faire la lumière sur la présence régulière de ces suspects, au casier judiciaire particulièrement chargé pour certains, dans le domicile du plaignant. L’avocate de ce dernier, Stéphanie Dumetz, a assuré qu’il craignait maintenant des représailles et que son appartement avait été dégradé de manière importante.

Les avocats de deux mis en cause ont demandé aux magistrats de ne pas s’en tenir qu’à la version policière de cette affaire. Leurs clients, majeurs, ont été placés en détention provisoire en attendant leur jugement.