Limoges : Une jeune fille appelle à l’aide en jetant un mot de détresse par sa fenêtre


Cet appel au secours a été trouvé sur le sol dans la rue par un ouvrier à Limoges. (photo DDSP 87)

Un morceau de papier supportant un appel à l’aide a été retrouvé au sol sur un chantier de Limoges (Haute-Vienne), par un ouvrier. En prenant connaissance de son contenu, l’homme a peut-être sauvé une adolescente d’un mariage forcé et de violences.

Un appel de détresse a été découvert, mardi, inscrit sur un morceau de papier chiffonné qui se trouvait sur le sol d’une rue de Limoges, relate Le Parisien. Un ouvrier, qui travaillait sur un chantier au pied d’un immeuble du quartier de la Bastide, l’a ramassé et a lu les mots griffonnés dessus, vraisemblablement à la hâte.

Il a sans doute été surpris par son contenu, glaçant : « Aidez moi s’il vous plait, apellé la police. je suis mariée de force […] âge : 15 ans, apellé le plus vite possible SVP ! ! ! appellé aussi les assistantes scosial quils viennet me chercher, SVP apellé la Police ».

Le texte truffé de fautes d’orthographe est manuscrit et contient des informations précieuses : les nom, prénom et adresse de celle qui en est à l’origine. Il avait été jeté par la fenêtre d’un appartement de l’immeuble près du chantier.

La police intervient à l’adresse mentionnée sur le mot

Les policiers ont été alertés dans la foulée et se sont rendus à l’adresse indiquée. Une mère de famille leur a ouvert sa porte. L’adolescente à l’origine de l’appel de détresse leur a alors affirmé avoir subi des coups de la part de son père, et leur a raconté son histoire.


La jeune fille en couple aurait, dans un premier temps, accepté la demande en mariage de son petit ami. D’après ses dires, ses parents, originaires de Mitrovica au Kosovo, auraient reçu une dot de 15 000 euros de la part de la famille du compagnon de leur fille.

Mais cette dernière avait ensuite changé d’avis et confié à ses parents qu’elle ne souhaitait plus se marier. Son père l’aurait frappée à coups de câbles électriques et insultée.

Des traces de coups

Les policiers ont vu qu’elle était libre de tout mouvement à leur arrivée, mais « des traces de coups datant de plusieurs jours ont été constatées sur ses jambes et laissent penser que sa version est plausible », a précisé au quotidien francilien une source proche de l’affaire.

Au vu des faits, le parquet de Limoges a ouvert une enquête pour « violences volontaires par personne ayant autorité ». Une ordonnance de placement provisoire dans un foyer a été délivrée par le procureur de la République, pour éloigner l’adolescente de l’emprise familiale.

Les enquêteurs interrogent désormais tous les protagonistes de cette affaire, pour déterminer si les dires de l’adolescente sont fondés et établir les responsabilités. Le père n’a pas encore été interrogé sur les faits. Les membres de cette famille n’étaient pas connus de la police jusqu’ici.