Loiret : Ils enlèvent une femme et réclament une rançon à son compagnon, le GIGN les interpelle


Illustration. (photo EPA/Étienne Laurent/Maxppp)

Une jeune femme de 20 ans a été enlevée en pleine rue, ce jeudi à Gien (Loiret). Les gendarmes ont tendu un piège aux ravisseurs et les a interpellés le soir-même, permettant à leur otage de retrouver la liberté.

La scène est digne d’un film policier. Deux individus originaires de Seine-Saint-Denis, âgé de 21 et 27 ans, se sont rendus dans le Loiret pour régler un litige commercial avec un habitant de Gien, ce jeudi. Ce dernier était en relation avec eux depuis quelques jours, pour leur acheter une société de véhicules.

Un différend est né de cette transaction qui ne s’est pas concrétisée, et le litige portait sur une somme inférieure à 10 000 euros, relate Le Parisien. Le duo a donc fait le déplacement pour rencontrer cet habitant de Gien afin de lui réclamer un dédommagement.

Enlevée en pleine rue

En début d’après-midi, les deux hommes ont repéré la compagne de celui qu’ils venaient voir initialement. La jeune femme, âgée d’une vingtaine d’années, qui se trouvait en pleine rue « a été mise de force à l’arrière de leur voiture », a indiqué Loïc Abrial, le procureur de la République de Montargis, ajoutant qu’« à ce stade, l’usage d’armes pour la contraindre n’est en revanche pas avéré ».

Les deux ravisseurs sont repartis en direction de la Seine-Saint-Denis. Le compagnon de la victime a alors reçu un inquiétant SMS. Le duo lui demandait de payer ce qu’ils estimaient être leur dû. L’homme a alerté les forces de l’ordre.


Immédiatement, une enquête a été ouverte. La Section de recherches (SR) d’Orléans et le GIGN se sont mis sur le pied de guerre. Un dispositif de surveillance a été déployé et s’est maintenu toute l’après-midi sur les lieux où les suspects étaient susceptibles d’avoir emmené leur otage, notamment en Seine-Saint-Denis.

Un négociateur du GIGN prend en charge la communication avec les ravisseurs

En parallèle, des SMS ont continué d’être échangés entre les ravisseurs et le compagnon de la victime. Ce que les malfaiteurs ne savaient pas, c’est que ces échanges étaient dictés par un négociateur du GIGN.

« L’objectif était de faire redescendre la pression, et de faire comprendre aux deux hommes qu’ils allaient être payés, que tout se passerait bien », a confié au quotidien francilien une source proche de l’enquête.

La patience des enquêteurs a fini par payer. La remise d’une rançon a été convenue en fin de journée, sur une aire d’autoroute de Seine-et-Marne. Déjà positionnés sur place, les gendarmes étaient prêts à fondre sur les ravisseurs, le moment venu.

Neutralisés sans heurts

À 19h40, tout s’est enchaîné très rapidement. Le duo et leur otage sont arrivés sur le lieu du rendez-vous. Les malfaiteurs ont été neutralisés en quelques secondes par les gendarmes d’élite. Ils n’étaient vraisemblablement pas chevronnés, car ils n’ont pas pris de précautions particulières pour procéder à la transaction, selon cette même source.

D’ailleurs, il ne semble pas qu’ils avaient prévu d’enlever la jeune femme lorsqu’ils se sont rendus dans le Loiret, a précisé le procureur de la République. Le duo a été placé en garde à vue pour être auditionné par les enquêteurs de la Section de recherches, en charge de l’enquête.

« Un des deux est déjà connu pour des faits de droits commun. Mais ce ne sont pas des caïds » a déclaré le magistrat. Ils pourraient toutefois faire l’objet de poursuites pour le crime d’« enlèvement et séquestration en vue de la commission d’un crime ou d’un délit ».

La jeune femme n’a pas été blessée physiquement mais a été particulièrement choquée par cette agression. Elle devait être examinée par un médecin, ce vendredi.