Lunéville : Interpellé avec des armes et accusé d’avoir voulu tuer des policiers, il est remis en liberté


Le mis en cause était armé d'un fusil chargé, d'une machette et d'un couteau. (DR)

Un jeune homme de 18 ans a été interpellé près du lycée Boutet de Monvel à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) jeudi dernier. Il était armé d’un fusil de chasse chargé, d’une machette et d’un couteau. Ce dernier est accusé d’avoir tendu un guet-apens aux policiers.


L’affaire est inquiétante et le parquet a fait appel de la décision du juge d’instruction qui n’a pas mis en examen le suspect pour tentative d’homicide sur les policiers. Ce dernier a également été remis en liberté. Les faits se sont déroulés jeudi dernier vers 08h50 a indiqué le procureur de la République de Nancy, François Perain, cité par L’Est Républicain. Les policiers ont reçu l’appel d’un homme déclarant qu’il venait de se faire agresser non loin du lycée Boutet de Monvel.

Une patrouille s’est dirigée sur place et a aperçu un homme seul sur le trottoir. Derrière lui, un sac était posé au sol et le canon d’une arme était apparent. Le suspect a été interpellé. C’est un fusil qui se trouvait dans ce sac et l’arme était chargée. Il y avait également une machette et un couteau. Les policiers ont rapidement compris qu’il n’y avait aucune victime.

Des SMS évoquant « plus ou moins explicitement » un projet de tuer des policiers

Le jeune homme né en 2002 a été placé en garde à vue. Lors de ses auditions, il a affirmé qu’il avait organisé un guet-apens pour tenter de voler des armes aux policiers, mais qu’il avait finalement renoncé en voyant les forces de l’ordre arriver. Le mis en cause a déclaré qu’il avait ensuite l’intention de revendre ses armes.

La suite des investigations a révélé des intentions meurtrières du suspect. Le procureur a souligné que l’exploitation de son téléphone portable avait fait apparaître des échanges de SMS évoquant « plus ou moins explicitement » un projet de tuer des policiers. Une perquisition a été réalisée au domicile de la mère du jeune homme et les enquêteurs n’ont retrouvé que des armes de type « air soft ».


Un adolescent reconnaît qu’il était informé

Les deux adolescents destinataires des messages, qui sont âgés de 16 ans, ont été placés en garde à vue à leur tour. Le premier a été mis rapidement hors de cause et le second a reconnu qu’il avait été informé du projet macabre du protagoniste, visant des policiers et d’autres personnes.

Le suspect n’a pas d’activité, il occupe son temps avec des jeux vidéos du type GTA. Un jeu d’action dans lequel il est notamment possible de voler des voitures ou encore de tuer des personnes. Ainsi, une expertise comportementale a conclu à une atténuation de la responsabilité pénale du mis en cause.

Le jeune homme ainsi que l’adolescent de 16 ans qui a reconnu les faits, ont été déférés devant un juge d’instruction ce dimanche dans le cadre d’une information judiciaire ouverte des chefs de tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique, non-dénonciation de la préparation d’un crime ou d’un délit, transport et port d’arme de catégorie B et D, et association de malfaiteurs.

Remis en liberté

Le juge d’instruction a décidé de mettre en examen le suspect principal uniquement des chefs d’infractions à la législation sur les armes, et de le placer sous le statut de témoin assisté pour le reste du dossier. Il s’agit d’un statut entre celui du témoin et celui du mis en examen. Le jeune homme a été placé sous contrôle judiciaire et remis en liberté.

Quant à l’adolescent, il a été mis en examen pour non-dénonciation de crime ou délit et placé sous contrôle judiciaire. Lui aussi a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

Le procureur de la République a décidé de faire appel de ces décisions. Le magistrat réclame la mise en examen du protagoniste principal pour tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique, ainsi que son placement en détention provisoire.

Une décision « inadmissible et dangereuse »

Dans un communiqué, le syndicat Unité SGP Police FO « s’insurge contre la décision du magistrat instructeur de ne pas placer en détention provisoire cet individu désœuvré, en totale perte de repères et dangereux, et de n’ouvrir une information que sur les infractions à la législation sur les armes, écartant ainsi la tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ». « Si cet individu est considéré comme aliéné sa place n’est pas dehors mais dans un centre spécialisé », insiste le syndicat, qui évoque une décision « inadmissible et dangereuse pour les policiers comme pour la population ».

L’organisation représentative des gardiens de la paix et gradés, « dénonce l’attitude méprisante à l’égard des forces de l’ordre de certains magistrats et l’évidente complaisante dont ils font preuve pour les auteurs d’agressions à l’encontre des forces de l’ordre ». Le syndicat de policiers « se félicite de l’appel interjeté par le procureur de la République ».