Marseille : 2 policiers condamnés et incarcérés pour enlèvement, séquestration et violences


Illustration. (Adobe Stock)

Deux policiers de la CRS autoroutière 53 de Septèmes-les-Vallons, près de Marseille (Bouches-du-Rhône) ont été respectivement condamnés à quatre ans et 18 mois de prison ferme ce mercredi. Ils ont été écroués à l’issue de l’audience. Une Adjointe de sécurité (ADS) a également écopé d’une peine de prison avec sursis.

Trois policiers ont été jugés en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Marseille ce mercredi, à l’issue de leur garde à vue dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Ces derniers ont été condamnés pour s’en être violemment pris à un jeune réfugié afghan de 27 ans qui se nomme Jamshed, lors d’un contrôle lié aux mesures de confinement, sur le Vieux-Port de Marseille, le 12 avril dernier. L’homme a été arrêté de façon arbitraire avant d’être abandonné une trentaine de kilomètres plus loin.

Cette interpellation avait été filmée par les caméras de surveillance explique Le Figaro. Le jeune homme qui était porteur d’un titre de séjour, faisait l’objet d’un contrôle dans le cadre des mesures de confinement.

Les trois policiers, un brigadier de police, un gardien de la paix stagiaire et une jeune Adjointe de sécurité (ADS), le soupçonnaient d’avoir craché sur deux passants qui lui auraient refusé une cigarette. L’homme avait d’abord été projeté sur le véhicule de police après une clef de bras, avant d’être mis à l’intérieur.

« J’ai pété un câble, on a fait une énorme boulette »

La jeune adjointe de sécurité (ADS) a expliqué que le chef de bord, le gradé âgé de 46 ans, s’était énervé à partir de ce moment-là. Les policiers ont raconté qu’ils avaient été invectivés par le jeune homme qui leur avait fait des doigts d’honneur. « On aurait dû laisser tomber et le laisser repartir mais on a décidé qu’il ne fallait pas qu’il reste là », a admis le jeune gardien de la paix de 26 ans au cours de l’audience.


Les prévenus ont également expliqué, qu’en raison de la crise sanitaire de Covid-19, ils se seraient « fait rire au nez » s’ils avaient transporté le jeune homme devant un Officier de police judiciaire (OPJ) pour des faits d’outrage. « J’ai pété un câble, on a fait une énorme boulette », a reconnu le brigadier de police.

Un faux procès-verbal

Le jeune ressortissant afghan a ensuite été abandonné à une trentaine de kilomètres plus loin, à Châteauneuf-les-Martigues, sur un terrain isolé. Le chef de bord a également raconté lors du procès qu’il avait déposé son arme de service ainsi que ses lunettes de soleil dans le vide-poche du véhicule, « pour ne pas faire de conneries ». L’ADS a indiqué que le jeune homme avait ensuite reçu « un coup de poing ou une gifle », des faits contestés par les deux autres fonctionnaires.

« Ça fait du bien, ça soulage », aurait déclaré le brigadier une fois que le jeune afghan avait été abandonné, toujours selon l’ADS. Les deux policiers ont ensuite rédigé un faux procès-verbal dans lequel ils relataient avoir laissé le jeune Afghan à l’Hôtel de police.

4 ans et 18 mois de prison ferme

La procureure de la République Virginie Tavanti avait requis trois ans de prison à l’encontre du brigadier de 46 ans. Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet et a condamné le fonctionnaire à quatre ans de prison ferme. Quant au gardien de la paix stagiaire de 26 ans qui avait été affecté en décembre dernier dans son service, il a été condamné à 18 mois de prison ferme. Les deux hommes ont été immédiatement incarcérés à l’issue du procès.

La jeune Adjointe de sécurité a quant à elle écopé d’une peine d’un an de prison avec sursis et a été laissée libre. Durant l’audience, les trois policiers se sont excusés auprès de la victime.