Marseille : 4 hommes condamnés pour le viol et la séquestration d’une ado contrainte à se prostituer


Illustration. (shutterstock)

Le verdict a été rendu ce vendredi soir par la Cour d’Assises d’Aix-en-Provence. Les quatre prévenus, Yliass S., Benyahia B., Ali D. et Nagy G., ont écopé de prison ferme, au terme d’un procès qui s’est tenu à huis clos en raison de l’âge de la victime au moment des faits.

Les prévenus, âgés de 24 à 27 ans, ont écopé de sept à dix ans de prison pour avoir séquestré, violé et contraint une adolescente de 15 ans à se prostituer à Marseille, relate La Provence.

Un véritable calvaire

Le procès qui a duré cinq jours a permis de cerner le calvaire vécu par l’adolescente. En rupture sociale, l’adolescente âgée de 15 ans ans en juin 2015, s’était enfuie de sa famille d’accueil à Rodez. Elle s’était retrouvée Marseille où elle s’était mise à dealer. C’est là qu’elle avait fait la connaissance de Sarah, début août. Le début de son calvaire de trois mois.

L’adolescente avait d’abord eu une relation sexuelle avec un ami de Sarah, avant de tomber aux mains de ses bourreaux.

Violée, séquestrée et prostituée

Lui faisant comprendre qu’elle « n’avait pas le choix », les quatre Marseillais l’ont séquestrée et l’ont forcée à se prostituer dans la rue. La mineure de 15 ans ramenait jusqu’à 600 euros quotidiennement, dont la plus grande partie revenait à ses proxénètes.


Frappée, violée, son calvaire a duré plusieurs semaines. L’adolescente avait fait constater ses innombrables blessures en octobre 2015 : hématomes au visage et sur les jambes, yeux injectés de sang sous les coups, …

Elle s’échappe et se fait de nouveau enlever

C’est à cette période que la victime était parvenue à s’échapper de l’emprise des quatre hommes. Elle s’était réfugiée dans des hôtels. Mais le 2 octobre, ses bourreaux étaient parvenus à la retrouver et l’avaient forcée à monter dans un véhicule. Enlevée, elle a enduré une nouvelle séquestration et des violences dans un squat.

Elle y avait alors subi des viols durant trois jours, avant de s’enfuir une nouvelle fois et d’alerter la police le 5 octobre.

Un témoignage « très éprouvant »

À l’audience, l’adolescente a livré son témoignage en visioconférence. Un acte « très éprouvant », selon Armelle Le Bigot-Macaux, présidente de l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) à La Provence. Cette dernière a souligné le « courage exemplaire » dont la victime a fait preuve.