Meurthe-et-Moselle : Une mère de famille défenestre une camarade de sa fille, 15 ans de réclusion criminelle


Illustration (Mike Fouque / Shutterstock)

La cour d’assises de Meurthe-et-Moselle a condamné une femme, ce mardi, à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir défenestré une camarade de classe de sa fille.

Les jurés, présents à ce procès qui s’est ouvert vendredi, ont été plus sévères que le parquet qui avait requis 12 ans de prison à l’encontre de Samira Habri pour « tentative d’assassinat ».

Cette mère de famille, âgée de 54 ans, était poursuivie pour avoir jeté du 5ème étage une adolescente avec qui sa fille était en conflit. Les faits remontent au 9 novembre 2016 et ont eu lieu dans un quartier populaire de Vandœuvre-lès-Nancy, dans la banlieue de Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Un guet-apens

L’enquête a permis de déterminer que l’accusée avait attiré sa victime à son domicile, avant de passer à l’acte, en pleine journée. Cette dernière, âgée de 15 ans au moment des faits, avait chuté cinq étages plus bas, dans un buisson entouré de deux rochers. Ses graves blessures lui ont causé huit semaines d’Incapacité totale de travail (ITT) et elle en a gardé d’importantes séquelles.

« Si tu ne sautes pas, je te tue »

Présente à l’audience, la jeune fille aujourd’hui âgée de 18 ans porte sur son visage deux cicatrices, l’une à la pommette et l’autre à la paupière. Elle a été contrainte d’arrêter la gymnastique rythmique, et refuse de donner sa nouvelle adresse devant l’accusée, relate France Bleu.


La voix tremblante et en pleurs face aux jurés, elle a relaté comment la mère de sa camarade, avec laquelle elle s’était battue, l’avait attirée à son domicile. Elle a ensuite témoigné avoir été étranglée puis menacée par la quinquagénaire : « Si tu ne sautes pas, je te tue », avant d’être poussée par la fenêtre, ajoutant un détail effarant : la femme lui aurait décroché un à un les doigts pour la faire tomber dans le vide.

L’accusée nie les faits

Les psychiatres qui ont examiné l’accusée n’ont pas apporté des conclusions similaires entre elles. L’un a trouvé la femme perturbée, mais deux autres l’ont diagnostiquée dépressive mais totalement responsable de ses actes, rapporte Le Républicain Lorrain.

À l’audience, l’accusée a totalement nié les faits qui lui étaient reprochés, affirmant que la jeune fille s’était présentée à son domicile en compagnie d’hommes encagoulés. Concernant sa chute du 5ème étage ? Elle se serait jetée par la fenêtre pour s’enfuir, a affirmé la mère de famille, répétant « Tout ce qu’elle raconte, c’est faux ! ». Une version qui n’a convaincu ni les magistrats, ni les jurés.

Sa fille incarcérée

La fille de la quinquagénaire a également été condamnée par la justice pour de « menaces de mort » et « offre de commettre un assassinat » par le tribunal pour enfants, rapporte Lorraineactu. Elle a écopé de 30 mois de prison, dont 15 avec sursis, et se trouve actuellement incarcérée dans le quartier des femmes de la prison de Nancy-Maxéville.