Militaire poignardée à mort dans le Maine-et-Loire : son compagnon mis en examen et écroué

Illustration. (photo Rémy Perrin/Maxppp)

Une militaire âgée de 27 ans a été tuée à l’arme blanche ce samedi à Bellevigne-les-Châteaux, près de Saumur (Maine-et-Loire). Son compagnon, lui aussi militaire, vient d’être mis en examen et écroué. Il est passé aux aveux « sans aucune difficulté » a précisé son avocat.

Le militaire de 22 ans suspecté d’avoir tué près de Saumur à coups de couteau sa compagne, elle aussi militaire, a été mis en examen et placé en détention provisoire, a indiqué le parquet d’Angers lundi.

« Il a été mis en examen pour meurtre aggravé par concubin et violences aggravées et placé en détention provisoire », a précisé à l’AFP le procureur de la République d’Angers Éric Bouillard. Le corps de la victime, âgée de 27 ans, a été retrouvé samedi, tôt dans la matinée, à Bellevigne-les-Châteaux (Maine-et-Loire), près de Saumur, sur le palier d’un petit immeuble.

« Très marqué par son séjour au Mali » dans le cadre de l’opération Barkhane, selon son avocat

Militaire au 2e régiment de Dragons de Fontevraud, la jeune femme et son compagnon habitaient chez le frère de ce dernier depuis plusieurs jours. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, le suspect est devenu agressif et violent avec son frère ainsi qu’avec la victime. Pendant que son frère quittait le domicile et prévenait les gendarmes, le suspect a donné plusieurs coups de couteau à sa compagne sur le palier de l’appartement.

Il a été interpellé à quelques centaines de mètres de la scène de crime. « Les faits ont été reconnus sans aucune difficulté », a déclaré à l’AFP Olivier Rolland, avocat du mis en cause. Selon lui, la scène s’est déroulée au cours d’une « soirée très très alcoolisée » sur fond « de problèmes familiaux et de jalousie ». Tahitien d’origine, militaire depuis 2018 et actuellement rattaché au 2e régiment d’infanterie de marine (RIMA) du Mans, le suspect était « très marqué par son séjour au Mali » dans le cadre de l’opération Barkhane, selon son avocat, qui a fait état d’un « changement d’attitude » depuis son retour d’opération extérieure.

Le suspect était sous contrôle judiciaire

Sans casier judiciaire jusqu’à présent, le jeune homme est sous le coup de trois procédures judiciaires distinctes pour des violences contre sa compagne et contre son frère, intervenues au cours de l’année 2021. Il doit comparaître en correctionnelle à Lorient, au Mans et à Saumur en janvier, mars et juin 2022 dans le cadre de ces affaires. Ces violences lui ont valu un placement sous contrôle judiciaire lui interdisant d’entrer en contact avec la victime, qui n’a pas été respecté.

« La victime elle-même reprenait contact avec l’auteur. Ils avaient repris de fait leur vie commune », a indiqué M. Bouillard. Le suspect et la victime avaient entamé une relation amoureuse neuf mois avant les faits. Le frère du suspect était lui aussi militaire, au sein du 2e régiment de Dragons de Fontevraud, le même que celui de la victime.

Selon un bilan du ministère de l’Intérieur, 102 hommes ont tué leur conjointe ou ex-conjointe en 2020. Ils étaient 146 en 2019. Le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles #NousToutes dénombre 113 féminicides en 2021.