Mis en examen pour viol sur mineure, Yannick Agnel «reconnaît la matérialité des faits», pas la «contrainte»

Yannick Agnel, le 29 juillet 2013 à Barcelone. (BrunoRosa/shutterstock)

La procureure de la République de Mulhouse, Edwige Roux-Morizot, a donné une conférence de presse ce lundi matin afin de livrer des éléments qui ont conduit à la mise en examen de l’ex-nageur Yannick Agnel pour « viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans ».

« Yannick Agnel reconnait la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Il précise qu’il n’avait pas le sentiment qu’il y a eu contrainte. Si les faits son constitutifs de viol, c’est parce que vous n’ignorez pas qu’il existe une différence d’âge très importante entre les 13 ans de la victime et les 24 ans de Yannick Agnel », a débuté la procureure de la République de Mulhouse, face à la presse. « Pour les faits de viols, il a un problème de souvenir sur les faits », a-t-elle précisé. « Il n’a pas reconnu tout de suite les faits, les éléments au dossier étaient importants. La connaissance des éléments dans le dossier ont fait qu’il a fini les reconnaître ».

L’ex-nageur et champion olympique de 29 ans a été mis en examen samedi pour « viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans », avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Les faits se sont déroulés durant l’année 2016. « Si les faits sont constitutifs de viol ou agressions sexuelle, c’est qu’il existe une différence d’âge importante » entre la victime, la fille de son entraîneur d’alors, Lionel Horter, qui avait 13 ans à ce moment-là.

« Il n’a pas eu le sentiment de placer cette femme sous contrainte »

« Les faits sont anciens, et je pense que les interdictions et obligations du contrôle judiciaire suffisent à faire en sorte qu’il n’y ait pas de pression, que l’information judiciaire puisse se poursuivre dans la sérénité », a par ailleurs estimé la magistrate. Concernant les faits présumés, ils se sont déroulés dans plusieurs villes. « Cela s’est aussi produit en Thaïlande, à Rio, et à Tenerife je crois. Ce qui tend à penser qu’il y a eu plusieurs faits. Tous les faits se sont déroulés sur l’année 2016 », a-t-elle souligné.

« Quand on a dix ans de différence d’âge il est évident que c’est une véritable contrainte bien sûr. Il y a la personnalité d’Agnel qui a pu entrer en ligne de compte. C’est quelqu’un qui a une véritable personnalité forte », a considéré la procureure de la République. « C’est ce qui caractérise pour nous les faits de viols et d’agression sexuelle. Il n’a pas eu le sentiment de placer cette femme sous contrainte. Il le regrette. Comme la majorité des plaintes en matière de viol, tout un cheminement psychologique qui a eu lieu chez elle et qui a fait qu’elle a décidé, parce qu’elle allait mal, de déposer plainte ».

Edwige Roux-Morizot a également fait un rappel concernant la loi : « Sur mineur de quinze ans, ça tombe sous le coup de la loi, quand bien même on peut estimer qu’elle est consentante, ça tombe sous le coup de la loi. La différence d’âge peut valoir contrainte morale par hypothèse ». « Yannick Agnel est toujours présumé innocent », a-t-elle rappelé.