Montmagny : Les deux assassins de Gangny Sangaré étaient en cavale aux États-Unis depuis 10 ans


Gangny Sangaré a été assassiné de plusieurs balles dans le dos en sortant de chez lui, dans la cité des Lévriers à Montmagny. (photo Google)

Les deux hommes, condamnés pour assassinat en leur absence, ont vécu plus de dix ans aux Etats-Unis. Ce n’est qu’à la faveur d’un contrôle des autorités, qu’ils ont été expulsés du pays car ils étaient en situation irrégulière.

Marouana B. et Ahmed C. avaient été jugés coupables, par défaut le 6 septembre 2018, d’avoir tué de quatre balles un habitant de Montmagny (Val-d’Oise). Le crime avait eu lieu au moment où il sortait de son domicile de la cité des Lévriers, dans la nuit du 26 au 27 avril 2008.

Pour la première fois, les deux meurtriers ont comparu devant la cour d’assises du Val-d’Oise, ce vendredi, pour l’assassinat de Gangny Sangaré. Ils ont vécu en cavale durant plus de 10 ans aux Etats-Unis, relate Le Parisien.

Condamnés à 25 ans de réclusion criminelle en leur absence

Les deux hommes avaient écopé de 25 ans de réclusion criminelle par défaut. « Ils ont soudainement et volontairement disparu dès le lendemain des faits. Ils ont été en fuite à partir de ce moment-là », a déclaré l’avocat général, Stéphanie Paget.

Le juge d’instruction en charge de cette affaire criminelle avait été alors émis un mandat, de même que le parquet à l’origine d’un mandat d’arrêt européen, en vain. Durant plus de dix ans, les deux fugitifs ont vécu aux Etats-Unis.


Expulsés vers la France et interpellés à leur arrivée

Les autorités américaines ont interpellé chacun des deux hommes, de nationalité française, car ils se trouvaient sur leur territoire en situation irrégulière. Concernant Ahmed C., ce sont les services de l’immigration qui ont mis fin à sa cavale, le 25 juillet 2019, dans le Massachusetts. Il a été trouvé en possession d’un faux permis de conduire.

Son complice Marouana B., quant à lui, s’est fait intercepté au moment où il traversait la frontière entre le Texas et le Mexique, le 29 août 2019. Les autorités américaines les ont finalement expulsés vers la France, respectivement le 11 septembre 2019 pour l’un, et le 22 janvier dernier pour l’autre. Les enquêteurs français les ont interpellés à leur arrivée.

Un procès en cour d’assises très attendu

Les deux hommes, qui n’ont jamais pu être interrogés sur le fond de cette affaire, devront désormais comparaître lors d’un nouveau procès en cour d’assises. L’avocat général a requis un supplément d’information sur le fond, en ce sens.

Les avocats de la défense, qui approuvent cette demande, ont assuré que leurs clients n’avaient pas pris la fuite. L’avocate d’Ahmed C., Me Daphné Pugliesi, a rappelé ses liens antérieurs avec les Etats-Unis, où il avait développé un commerce de vêtements.

Elle a souligné qu’il était entré légalement sur le territoire américain. Pour sa part, Me Sophie Garcia, l’avocate de Marouana B., a ajouté que ce supplément d’information permettra d’établir les circonstances de ce départ.

Un « soulagement » pour la partie civile

« C’est à la fois un soulagement pour la partie civile et une nouvelle épreuve qui s’annonce » a déclaré Caty Richard, avocat de douze proches de la victime, Gangny Sangaré, qui espère que les contours de cet assassinat seront enfin connus avec précisions.

Ce jeune homme, âgé de 20 ans, avait été abattu de quatre balles dans le dos, le 27 avril 2008 à Montmagny, après avoir été ciblé par de précédents tirs, trois heures plus tôt.

Lors du procès qui s’est tenu le 6 septembre 2018, le seul accusé présent à l’audience était Gary P., qui comparaissait libre. Cet homme, âgé de 33 ans au moment du jugement, était poursuivi pour complicité par fourniture de moyens : l’arme du crime.

Pour sa défense, il avait affirmé qu’il était convaincu d’avoir apporté un pistolet à grenaille. Or, il s’agissait d’un vrai 9 mm. La cour d’assises l’a condamné pour « complicité d’assassinat » à 7 ans de prison. « Je compatis à votre douleur, je n’avais aucune intention de tuer. J’ai remis une arme, j’ai été trompé », avait-il déclaré à l’attention des proches de la victime, leur demandant de ne rien entreprendre contre lui et sa famille.