Mort de Mohamed Gabsi à Béziers après son interpellation : trois policiers municipaux mis en examen


Illustration. (Adobe Stock)

Les trois policiers municipaux ont été présentés à un juge et mis en examen ce vendredi. Ils ont maintenu leur version des faits durant leurs auditions.

L’affaire fait suite au décès d’un homme de 33 ans, Mohamed Gabsi, peu après son interpellation le 8 avril dernier à Béziers (Hérault). L’homme avait été interpellé par trois policiers municipaux à l’issue d’un contrôle car il ne respectait pas le couvre-feu. Les fonctionnaires ont indiqué que le trentenaire, qui avait déjà été condamné à huit reprises depuis 2005 pour des violences et des vols, a « refusé le contrôle et adopté à leur encontre un comportement très agressif, justifiant de procéder à son interpellation ».

Mais leur version des faits est remise en cause, notamment par des témoins. Une information judiciaire avait été ouverte le 18 avril par le parquet de Béziers pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique » et pour « non-assistance à personne en péril ». Les trois policiers ont été placés en garde à vue ce jeudi matin dans les locaux du service régional de police judiciaire (SRPJ) de Montpellier.

Ils ont été déférés vendredi devant un juge d’instruction. Deux des policiers ont été mis en examen pour non-assistance à personne en péril et placés sous le statut de témoin assisté pour les violences volontaires. Ils ont l’interdiction d’entrer en relation avec les autres personnes mises en examen et avec la famille de la victime.

Le troisième fonctionnaire a été mis en examen pour des faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et placé sous le régime de témoin assisté pour non-assistance à personne en péril détaille Le Parisien. Il a quant à lui été remis en liberté sous contrôle judiciaire. En outre, il a l’interdiction d’exercer son métier de policier municipal et de se rendre à Béziers, mais également de porter une arme. L’un des trois avocats des policiers a annoncé qu’il allait faire appel de cette décision.

Un homme « très virulent »

Au cours de leurs auditions, les trois fonctionnaires ont « maintenu l’essentiel dans leurs déclarations initiales effectuées le soir même des faits », a indiqué le parquet de Béziers dans un communiqué. « Ils ont notamment maintenu qu’ils avaient décidé de contrôler Mohamed Gabsi dans le cadre des règles du confinement mais que celui-ci avait tenté d’échapper à leur contrôle en adoptant un comportement agressif provoquant leur décision de l’interpeller ».

Les policiers ont décrit un homme « très virulent » lors du transport vers le commissariat, qui ne se serait « calmé qu’à leur arrivée sur place, se mettant à émettre un ronflement leur faisant penser qu’il s’était endormi. Ils ne se seraient aperçus de son état alarmant qu’en le sortant du véhicule, ce qui déclenchait les premiers soins et l’appel du Samu », a ajouté le parquet. Deux témoins affirment quant à eux que Mohamed Gabsi était déjà inconscient avant même le départ des policiers vers le commissariat.

Des causes multiples du décès

Les expertises médicales ont montré que le décès de Mohamed Gabsi serait « la conséquence de troubles du rythme cardiaque d’origine toxique par prise massive de cocaïne chez un sujet présentant un état antérieur cardiaque, aggravés par l’écrasement du nerf vague lors de la compression cervicale gauche. Une part d’asphyxie mixte, bien que secondaire, est également à retenir, venant elle aussi aggraver le dysfonctionnement cardiaque », précise le quotidien francilien. L’autopsie a également montré « une compression cervicale antérieure gauche par une surface large, ayant été prolongée », entre autres.