Narbonne : Après 6 ans de mensonge, il avoue avoir jeté le corps de son ami dans les égouts


Le mystère de la mort de Patrick Teihoarii en 2014, en passe d'être résolu. (photo Facebook / DR)

Une enquête criminelle avait été ouverte en 2017, lorsque des employés chargés de la maintenance du réseau des eaux pluviales de Narbonne avaient découvert un crâne humain dans les égouts. Le principal suspect vient de passer aux aveux.

Six longues années de mensonge. Le principal suspect dans l’enquête sur la mort de Patrick Teihoarii, survenue un soir d’octobre 2014, a avoué avoir inventé tout un scénario pour égarer les enquêteurs. À l’époque, il avait signalé la disparition inquiétante de son ami, relate Le Parisien.

Six ans plus tard, cet homme de 30 ans a avoué avoir jeté le corps du jeune homme de 20 ans dans les égouts de Narbonne (Aude). Il avait trouvé mystérieusement la mort quelques minutes auparavant, selon ses dires. Il vient d’être mis en examen pour « non-assistance à personne en danger » et « atteinte à l’intégrité d’un cadavre ».

Un crâne humain dans les égouts

Les investigations ont débuté en juin 2017, à la faveur d’une méprise des agents chargés de l’entretien du réseau des eaux pluviales de la ville. Ils s’étaient trompés de canalisation et avaient découvert fortuitement un crâne humain. Avisé de cette macabre découverte, le parquet de Narbonne avait ouvert une enquête, confiée à la police judiciaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

De minutieuses investigations avaient alors commencé avec d’importants moyens techniques et humains mobilisés : des anthropologues ont été consultés, un robot a exploré les canalisations… Ces efforts ont permis aux enquêteurs de retrouver d’autres os. En étudiant le parcours de l’eau, ils ont pu déterminer que le cadavre avait été déposé à proximité du lieu de découverte.


La victime identifiée

La présence d’un petit os du nez, découvert intact sur les restes, les avait convaincus que le corps n’avait pas été transporté. Les expertises et les fouilles se sont succédé, permettant la découverte d’un collier dans les égouts. Une comparaison des empreintes dentaires a confirmé l’identité de la victime : il s’agissait de Patrick Teihoarii, disparu trois ans auparavant.

Le jeune homme de 20 ans n’avait plus donné signe de vie depuis le 24 octobre 2014. Il avait fait le voyage depuis Antibes (Alpes-Maritimes) jusque dans la région pour participer à une manifestation contre l’interdiction des raves parties. Patrick Teihoarii avait disparu après avoir participé à une fête à Dernacueillette (Aude).

Il simule la disparition inquiétante de son ami

Les policiers du commissariat local avaient été avisés de sa disparition inquiétante par son ami, dès le lendemain matin. Celui-ci avait même assuré, quelques jours plus tard, que Patrick avait été aperçu en gare de Biot, à quelques kilomètres d’Antibes. Ses mensonges ont fait long feu.

Les enquêteurs de la police judiciaire ont retracé la dernière soirée du jeune homme disparu, analysé ses réseaux sociaux et mené des recherches approfondies sur lui et son entourage. Ils ont alors décelé des incohérences sur le déroulé de la rave party. Plusieurs appels téléphoniques ont aussi semé le doute dans l’esprit des policiers.

Trois interpellations et une mise en examen

Mardi dernier, les enquêteurs ont interpellé deux hommes de 30 et 24 ans ainsi qu’une jeune femme de 24 ans. Les deux plus jeunes suspects ont été rapidement mis hors de cause. Mais l’étau s’est resserré sur le trentenaire, à la lumière des éléments nouveaux qu’ils ont livré lors de leur garde à vue.

Après cette fameuse fête, tous deux étaient rentrés avec Patrick Teihoarii et le trentenaire, avant de se séparer. Ce n’est qu’au terme de six auditions que le suspect a fini par passer aux aveux. Il a livré une nouvelle version aux enquêteurs, affirmant que Patrick avait fait une chute mortelle alors qu’il essayait d’entrer dans une maison abandonnée de Narbonne.

Un scénario monté de toutes pièces

Le suspect a déclaré qu’il avait pris son pouls et constaté qu’il était en arrêt cardio-respiratoire. Mais au lieu d’alerter les secours, il avait ouvert une bouche d’égout à l’aide d’un râteau trouvé sur place, avant de jeter le corps de son ami dedans.

Pour rendre plus difficile les investigations, il avait utilisé le téléphone de Patrick pour s’envoyer des SMS et passer des appels vers son propre portable. Cet homme, aujourd’hui trentenaire et inséré socialement, été placé en détention provisoire. Il aura tenu son lourd secret durant six ans.