Nîmes : Des dizaines d’élèves policiers participent à une fête devant leur école… la police intervient


Une centaine d'élèves ont participé à une fête clandestine en plein air ce mercredi soir. (captures écran/DR)

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réagi à cette affaire et évoque des faits « totalement inacceptables ».


Une soirée en plein air organisée sur le parking et le stade de l’école de police de Nîmes (Gard) ce mercredi soir, à laquelle des dizaines d’élèves gardiens de la paix ont participé. Le tout, durant le couvre-feu. Des images de cette soirée clandestine ont été diffusées sur les réseaux sociaux. On y aperçoit de très nombreux jeunes regroupés dans une ambiance festive, avec de la musique à fort volume.

C’est d’ailleurs ce qui a attiré l’attention des policiers de la brigade cynophile, qui étaient en train de s’occuper de leurs chiens. Leur chenil se trouve dans l’école.

Vers 21h20, les fonctionnaires ont entendu des hurlements et de la musique à proximité de l’école de police. Ils ont alors décidé de se déplacer pour savoir ce qu’il se passait, alors que le département du Gard était à ce moment-là visé par un couvre-feu depuis plusieurs jours, pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Les sorties étaient interdites entre 21 heures et 6 heures.

Les policiers ont pris l’un de leurs chiens et se sont rendus sur place. Dans leur compte-rendu d’intervention, ils décrivent la présence d’une centaine d’élèves de l’école de police. La plupart se trouvent sur le stade et les autres de chaque côté de la route expliquent-ils.


Un mouvement de foule et un climat tendu

Mais leur intervention ne se déroule pas dans le calme. Les policiers qui ont les fenêtres de leur voiture ouvertes, racontent qu’ils ont entendu « des sifflements » ainsi que des cris « ARA ! ARA ! ». Des hurlements utilisés par les « guetteurs » sur les points de deal… afin d’alerter l’arrivée de la police. Toujours selon leur récit, lorsqu’ils se sont arrêtés, ils ont observé un mouvement de foule dans leur direction. A tel point que les fêtards « pour la plupart encapuchonnés » se sont montrés agressifs, tout en vociférant.

Les forces de l’ordre ont décidé de sortir de leur véhicule et de placer leur chien face aux fêtards, ce qui a eu pour effet de faire reculer tout le monde. Le chien policier n’a néanmoins « impacté » personne. Les policiers ont ensuite avisé leur hiérarchie.

« Pour être respecté il faut être respectable »

Plusieurs vidéos montrant cette soirée clandestine ont été publiées, notamment sur Twitter par un journaliste de BFMTV, Raphaël Maillochon. Les réactions n’ont pas tardé. Et notamment celle du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. « Des élèves de l’école de police de Nîmes auraient organisé une «soirée clandestine» en plein confinement. Totalement inacceptable », a-t-il écrit sur ce même réseau social. « Si ce fait est avéré, les élèves responsables ne seront pas dignes de porter l’uniforme et seront exclus », prévient-il. « Pour être respecté il faut être respectable ».

« Nous aimons notre uniforme, ils n’en sont pas dignes »

Il est « urgent que les grands chefs du recrutement restaurent l’intransigeance passée qui n’aurait jamais dû cesser d’être », réclame Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat Unité SGP Police FO. « Nous aimons notre uniforme, ils n’en sont pas dignes », ajoute-t-elle.

« Des élèves Gardiens de la Paix… Excluons-les de nos rangs tant que c’est encore faisable ! Ce sont les mêmes qui feront demain la Une des médias avec un manque d’exemplarité sur le terrain ! », lance de son côté Loïc Walder, délégué en charge de la communication du syndicat UNSA Police.

« Vous faites honte à notre institution, vous n’êtes pas dignes de l’uniforme. Une seule réponse à ce comportement qui me débecte : la révocation », réclame pour sa part Juliette Alpha sur Twitter, une policière affectée en région parisienne, auteure du livre « Vis ma vie de flic ».

Une enquête administrative a été ouverte par la direction de l’école. Les élèves qui ont participé à cette soirée vont devoir s’expliquer par rapport.