Noisiel : Repas et feu d’artifice lors d’une soirée clandestine pour le nouvel album du rappeur Uzi


Des images de la fête clandestine ont été diffusées sur les réseaux sociaux. (captures écran/DR)

Une fête clandestine a eu lieu à Noisiel (Seine-et-Marne) dans la nuit de jeudi à vendredi, pour célébrer la sortie du premier album du rappeur Uzi. Une centaine de personnes y ont participé et les forces de l’ordre ont dû intervenir. Un syndicat de police dénonce des consignes visant à ne pas verbaliser les participants.


Buffet, feu d’artifice et musique. Une centaine de personnes se sont rassemblées dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier de la Ferme-du-Buisson à Noisiel, pour fêter la sortie du premier album du rappeur Uzi (du nom du célèbre pistolet-mitrailleur israélien, ndlr), originaire de la ville et âgé de 21 ans. Une fête clandestine bien organisée, en dépit du couvre-feu et des gestes barrières pour lutter contre la propagation du Covid-19.

L’album, « Cœur abimé » est sorti vendredi. Il faut dire que le jeune rappeur a déjà une audience bien développée. Son clip « A la fête », publié en juin 2020, a été visionné près de 40 millions de fois sur YouTube.

« Ils se sentent au-dessus des lois »

Cette soirée clandestine n’a pas été du goût des riverains, agacés, qui ont été réveillés. « Le bazar a duré jusqu’à deux heures du matin. Ils étaient au beau milieu de la route. Aucun véhicule de pompiers ou de police n’aurait pu passer en cas de problème », commente l’une d’elle, interrogée par Le Parisien. « Ce qui m’agace, c’est qu’ils se sentent au-dessus des lois, qu’ils s’autorisent tout », déplore un autre habitant.

Le syndicat Alliance police nationale du département n’a pas tardé à réagir à cette affaire sur Facebook ainsi que dans un communiqué. L’organisation a diffusé des images de cette soirée et du repas offert dans un parking souterrain, sur une ambiance musicale.


« Il est plus simple de demander à nos collègues de verbaliser les personnes à la fermeture des magasins »

Le syndicat dénonce des consignes données aux policiers qui sont intervenus, leur demandant de ne pas verbaliser les contrevenants. « Alors que de très nombreux collègues du département étaient engagés pour un rassemblement sauvage d’environ 200 personnes ne respectant pas les mesures sanitaires, il a été demandé à nos collègues de procéder à la dispersion sans verbalisation des contrevenants », précise-t-il dans son communiqué. « Il est plus simple de demander à nos collègues de verbaliser les personnes à la fermeture des magasins ». L’organisation syndicale pointe du doigt le commandant de police de permanence cette nuit-là, qui aurait passé ces consignes.

La direction départementale de la sécurité publique (DDSP) a indiqué à nos confrères qu’il y avait bien eu une intervention de police lors du feu d’artifice, et qu’il n’y avait pas eu d’affrontement. Un homme au volant d’une voiture volée a été interpellé et placé en garde à vue. Des participants à cette fête clandestine ont été verbalisés selon la DDSP. D’autre part, une enquête administrative a été ouverte concernant la décision dénoncée par le syndicat Alliance, « afin de vérifier si c’est la bonne décision qui a été prise », a détaillé le DDSP, Philippe Justo. Une enquête judiciaire a également été ouverte pour identifier le ou les organisateurs de cette soirée sauvage.

Les policiers municipaux ont quant à eux procédé à 17 verbalisations a indiqué le maire PS de Noisiel, Mathieu Viskovic. Le producteur de l’artiste, Trezz, sollicité par Le Parisien, a souhaité présenter ses excuses « auprès des habitants et de la mairie pour les désagréments engendrés ».