Nouvelle nuit de tensions et de violences à Dijon : 140 individus de la communauté tchétchène rassemblés


Environ 140 individus se sont rassemblés dans le quartier des Grésilles à Dijon. (captures écran vidéos/DR)

La nuit de dimanche à lundi a été le théâtre de fortes tensions et de violences à Dijon (Côte-d’Or), où de violentes rixes avaient éclaté les nuits précédentes, opposant près d’une centaine d’individus armés.


Pour la troisième nuit de suite à Dijon, plusieurs dizaines d’individus armés de barres de fer notamment, et se revendiquant comme étant Tchétchènes, se sont déplacés jusque dans le quartier des Grésilles. Le procureur de la République évoque la présence de 140 individus « de la communauté tchétchène ». Un dispositif de police avait été mis en place.

Le groupe d’individus s’est déplacé une bonne partie de la nuit en cortège de voitures explique France 3 mais aucune exaction n’aurait été commise. Ces derniers ont affirmé à nos confrères vouloir régler un conflit avec des dealers qui auraient violemment agressé un jeune Tchétchène de 16 ans, il y a quelques jours. La victime serait dans un état grave.

« Ils nous ont insultés, ils ont frappé l’un des nôtres, on est là pour les tabasser », a lancé l’un des membres de ce groupe, précisant ne pas être là « pour tuer des gens ». Un rendez-vous leur aurait été donné ce dimanche soir par des « bandes de Dijon » mais visiblement, personne n’était présent.

Cette bande aux allures de milice, composée de plusieurs dizaines d’individus, s’est donc rendue dans la soirée dans le quartier des Grésilles. De nombreux policiers, notamment des CRS s’étaient implantés un peu plus loin.


Une voiture arrive à pleine vitesse et se retourne

Dans la soirée, un grave accident s’est produit au milieu de ce même quartier, alors que le groupe était réuni. Des images amateurs impressionnantes ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Un automobiliste arrivant à pleine vitesse a heurté un autre véhicule, avant de se retourner et s’immobiliser un peu plus loin.

Le groupe d’individus s’est lancé en courant en direction de la voiture, mais n’aurait pas commis de violences sur le conducteur selon la police. Le chauffard a été transporté au CHU de Dijon dans un état grave alors qu’il était inconscient. Il serait passé plusieurs fois en roulant très vite avant cet accident, qui aurait clairement pu provoquer des pertes humaines.

Le chauffard a « esquissé un mouvement pour foncer dans la foule »

Le procureur de la République Eric Mathais a précisé ce lundi matin à France Bleu que le chauffard avait « esquissé un mouvement pour foncer dans la foule ». « Nous étions en direct au centre de commandement de la police, on voyait sur les caméras ces 140 personnes de la communauté tchétchène rassemblées sur la place du marché aux Grésilles. Et il y a un véhicule qui est venu à proximité, qui a d’ailleurs à un moment donné esquissé un mouvement pour foncer dans la foule, ensuite il y a eu cet accident ».


« J’accuse le préfet d’avoir abandonné les habitants des Grésilles ! Oui, j’assume cet écrit », a affirmé le conseiller municipal de Dijon, Hamid El Assouni. « Ces 3 derniers jours, 8000 habitants ont vécu l’enfer. Écoutez leur témoignage ! Édifiant ! », ajoute-t-il.

10 blessés dans une violente agression dans la nuit de vendredi à samedi

Les violences ont débuté dans la nuit de vendredi à samedi lorsqu’une centaine d’individus armés ont attaqué le bar à chicha « Black Pearl » sur le boulevard de la Trémouille. Certains des agresseurs étaient porteurs notamment de barres de fer, de couteaux, de marteaux, de tournevis et de battes de baseball. L’établissement a été dégradé avant l’arrivée de la police.

Encerclées, les forces de l’ordre ont fait usage de moyens lacrymogènes. 10 personnes ont été blessées lors de ces violences a précisé la vice-procureure de la République de Dijon, citée par France 3. D’autres violences ont également été commises au cours de la nuit, dans le quartier des Grésilles a-t-elle ajouté.

La nuit suivante, une rencontre aurait eu lieu entre des représentants de la communauté tchétchène et le groupe de dealers, dans le but de mettre fin aux tensions. Des inconnus auraient alors ouvert le feu sur les véhicules des représentants des deux communautés, sans faire de blessés. Plus tard dans la nuit, un homme a été grièvement blessé par balle à proximité du quartier des Grésilles. Ses jours ne sont toutefois pas en danger.

Des renforts de police ont été demandés ce dimanche par le maire de la ville, François Rebsamen. Deux compagnies de CRS ont alors été déployées.

« Cette dérive communautariste est intolérable »

Le procureur de la République de Dijon, Eric Mathais, évoque pour sa part à France Bleu, un affrontement « communautariste » entre « Tchétchènes » venus de toute la France, pour se venger des « Maghrébins ».

« Ce sont apparemment des membres de la communauté tchétchène qui ont appelé sur les réseaux sociaux à partir de vendredi à venger des violences commises sur un jeune par des personnes issues de la communauté « maghrébine ». Trois soirs de suite, on a donc jusqu’à 140 personnes qui viennent à Dijon dans ce cadre-là », a expliqué le magistrat.

La direction interrégionale de la police judiciaire et la sûreté urbaine de Dijon ont été saisis dans cette affaire, pour « essayer de comprendre ce qui s’est passé, voir quelles étaient les infractions commises (…) puis d’identifier, d’interpeller et de poursuivre les auteurs ». « Il est évident que cette dérive communautariste est intolérable », a dénoncé Eric Mathais.