Oise : Il diffuse une vidéo mettant en scène son interpellation violente par de faux policiers et dénonce une bavure


Le jeune majeur a fait croire à une interpellation violente pour dénoncer une bavure. (capture écran Snapchat)

Un jeune majeur voulait faire le buzz sur les réseaux sociaux. Pour cela, il a mis en scène une fausse interpellation dont les images ont été publiées sur Snapchat notamment. Placé en garde à vue, il a reconnu la supercherie, tout comme ses complices.


La vidéo a été vue plus de 100 000 fois. Le 5 décembre dernier, les gendarmes ont été appelés pour une bagarre en pleine rue entre la Gâtelière et le Val d’Aunette, à Senlis (Oise), raconte Le Parisien.

Une fois sur place, ils constatent qu’il n’y a plus personne. Des témoins leur expliquent tout de même que des policiers ont frappé un homme. Un récit plutôt étrange puisque Senlis se trouve en zone gendarmerie. Quelques heures plus tard, lorsqu’ils ont vu une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, par un certain « Marlone7710 », un influenceur connu localement, les militaires ont rapidement fait le rapprochement avec leur intervention.

« Ils m’ont frappé, ils m’ont tabassé comme un chien »

Sur ces images que nous avons consultées, la scène est filmée depuis un immeuble. Un homme hurle et semble recevoir de nombreux coups de la part de trois policiers, alors même qu’il est au sol. La personne qui filme est sous le choc. « Oh les fils de putes », lâche-t-elle. La mise en scène ne s’arrête pas là. L’influenceur parle ensuite face caméra sur Snapchat : « Comme vous avez vu dans la précédente vidéo, ils m’ont frappé, ils m’ont tabassé comme un chien, mais Dieu merci à la personne qui a filmé la vidéo. Cette personne wallah, je lui dois tout », insiste le jeune majeur.

Sur Instagram, Marlone7710 est suivi par 131 000 personnes. Sa vidéo a été visionnée plus de 100 000 fois et partagée des dizaines de milliers de fois, avant d’être supprimée de tous les réseaux.


Des uniformes loués

Les gendarmes ont de leur côté ouvert une enquête et ont identifié l’auteur de cette mise en scène. L’influenceur et ses amis ont été interpellés et placés en garde à vue le 21 janvier. Ils ont reconnu les faits et ont indiqué que les tenues d’uniforme de policiers avaient été loués pour l’occasion, dans les Hauts-de-Seine. Le groupe sera jugé ultérieurement par la justice. A noter que ces faits se sont produits quelques jours après l’affaire Zecker.

Par ailleurs, cette manipulation n’est pas sans rappeler celle de la fausse interpellation raciste à Paris, en juin dernier. Trois faux policiers – eux aussi habillés avec de vrais uniformes – avaient été interpellés par la BAC. Ils étaient en plein tournage et devaient procéder à l’arrestation d’un homme d’origine africaine, alors qu’un vol venait d’être commis dans un commerce par un individu de type européen. Une mise en scène qui devait donner lieu à un bad buzz, quelques jours après la mort de l’afro-américain Georges Floyd, suite à son interpellation.