Opération antiterroriste à Épinal : le suspect de 48 ans fiché S, était récemment sorti de prison


Illustration. (Gérard Bottino / Shutterstock)

Un ressortissant marocain de 48 ans a été interpellé par la police ce jeudi à la mi-journée à Épinal (Vosges). Fiché S, il est soupçonné d’être radicalisé et était sorti de prison il y a quelques mois. En outre, plusieurs engins explosifs ont été découverts à son domicile.


Les hommes du RAID de Nancy sont arrivés peu avant 6 heures ce jeudi matin devant le 25 avenue Victor-Hugo à Épinal. Les forces de l’ordre ont pris un maximum de précautions avant d’intervenir dans l’appartement du suspect, situé au 3ème étage de ce petit immeuble.

Ce ressortissant marocain vit dans ce logement avec sa compagne et l’un de ses nombreux enfants. Il n’était pas présent à son domicile au moment de l’arrivée des policiers, qui ont pris soin en amont d’évacuer les autres habitants avant d’agir. « Il s’agit d’une visite domiciliaire administrative autorisée par un juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris en lien avec le parquet antiterroriste », a déclaré après l’intervention, le procureur de la République Nicolas Heitz.

Quatre ou cinq engins explosifs artisanaux

Le suspect sera finalement interpellé peu après, à quelques rues de son domicile. Dans son appartement lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert des produits explosifs. Quatre ou cinq engins explosifs artisanaux selon le journal local Vosges Matin.

Le travail des démineurs assistés d’un chien de détection a duré tout au long de la matinée. L’opération n’a pris fin que vers 13h30.


Déjà condamné et incarcéré plusieurs fois

Le mis en cause marocain de 48 ans a été placé en garde à vue. Il est déjà bien connu des services de la police et de la justice. Présentant un handicape physique, il était régulièrement aperçu à Épinal en fauteuil roulant ou en boitant explique le quotidien. Ce dernier a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des trafics de stupéfiants et a effectué plusieurs séjours en prison.

En septembre 2017, son dernier fait en date, il avait été arrêté en possession de 40 grammes d’héroïne conditionnés dans plusieurs sachets. Il avait également 540 euros en numéraire sur lui. L’homme était sorti de prison il y a seulement six mois précise France 3. Fiché S pour radicalisation, il était surveillé par les services de renseignement.

Un profond rejet de la France et de la République

Il était par ailleurs connu pour ses relations avec le groupe islamiste Forsane Alizza, dissous en 2012 par le ministère de l’Intérieur, indique Le Parisien. En décembre dernier, le mis en cause qui serait radicalisé de longue date s’était vanté de savoir manipuler les explosifs.

Une information qui est parvenue jusqu’aux enquêteurs alors que le suspect évoquait également son rejet profond de la France et de la République selon son voisinage. De plus, l’homme vivait des allocations sociales et était sans revenu fixe.

Deux autres suspects en garde à vue

La femme du quadragénaire a elle aussi été placée en garde à vue et une troisième personne a été interpellée puis placée en gare à vue à son tour ce vendredi précise France 3. Une mesure de privation des libertés qui peut s’étendre jusqu’à 96 heures en matière de terrorisme.


En début d’après-midi ce jeudi, le parquet antiterroriste s’est saisi de cette affaire. Une enquête est désormais ouverte pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « détention et fabrication d’engins explosifs en relation avec une entreprise terroriste ».