Pancarte antisémite dans une manif anti-pass à Metz : le parquet ouvre une enquête


Une femme avec une pancarte antisémite a été photographiée à Metz ce samedi. (DR)

Le parquet de Metz (Moselle) a annoncé ce dimanche soir l’ouverture d’une enquête suite à la publication d’une photo sur les réseaux sociaux, montrant une femme avec une pancarte antisémite dans le cortège de la manifestation contre le pass sanitaire, ce samedi.

La photo a fait le tour des réseaux sociaux et a provoqué de vives réactions. Sur cette image, on aperçoit une manifestante dans le cortège de Metz lors de la manifestation contre le pass sanitaire, ce samedi 7 août. Plusieurs noms de responsables politiques sont écrits dessus, ainsi que ceux d’hommes d’affaire et d’intellectuels. Certains d’entre eux sont juifs.

Le slogan « Mais qui ? » est également noté sur cet écriteau. Cette « formule » est apparue après l’interview d’un ex-général à la retraite, Dominique Delawarde, sur la chaîne CNews, en juin dernier. Ce dernier, qui est aussi signataire d’une tribune évoquant le « délitement » de la France, publiée par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, avait déclaré lors de cet entretien en direct qu’il y avait « trop d’indices concordants pour permettre à la meute médiatique occidentale, dont nous savons qui la contrôle », de le convaincre qu’il n’y avait pas eu de fraudes durant la dernière élection présidentielle américaine, remportée par Joe Biden.

Interrogé sur ce terme de « meute médiatique », Dominique Delawarde avait ensuite poursuivi : « Vous savez bien qui contrôle la meute médiatique dans le monde et en France (…) Qui contrôle le Washington Post, le New York Times, chez nous BFMTV et tous les journaux qui viennent se grouper autour, qui sont ces gens ? ». « Qui ? » avait insisté le communicant Claude Posternak. « C’est la communauté que vous connaissez bien ! », avait lâché l’ex-militaire, avant d’être rapidement interrompu par l’animateur de l’émission, Jean-Marc Morandini. Suite à ces propos jugés antisémites, le parquet de Paris avait ouvert une enquête des chefs de « diffamation publique et provocation à la haine et à la violence à raison de l’origine ou de l’appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ».

Une « pancarte abjecte » dénonce Gérald Darmanin

C’est donc suite à ces propos que la pancarte de cette femme a provoqué une nouvelle polémique ces dernières heures, sur les réseaux sociaux. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a réagi sur Twitter ce dimanche soir, évoquant une « pancarte abjecte ». « L’antisémitisme est un délit, en aucun cas une opinion. De tels propos ne resteront pas impunis », ajoute-t-il, précisant avoir demandé à la préfecture de faire un signalement au parquet. Une enquête pour « provocation publique à la haine » avait toutefois déjà été ouverte par ce même parquet, selon Le Parisien.

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a annoncé de son côté son intention de déposer plaine.

« C’est consternant et révoltant », a dénoncé Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, dans un tweet. « Luttons pied à pied contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations. Tous les jours, toujours. Et que la justice ne laisse rien passer ».

Ce dimanche soir sur Twitter, plusieurs internautes ont exhumé une ancienne affiche de campagne du Front national (FN) qui est vraisemblablement celle de la femme tenant cette pancarte à Metz.

Lors des premières manifestations contre le pass sanitaire, quelques manifestants avaient provoqué une vive polémique en arborant des étoiles jaunes, symbole de discrimination et du marquage imposé par l’Allemagne nazie aux Juifs durant la seconde guerre mondiale.