Paris : Il dénonce une verbalisation abusive pour un pain au chocolat mangé dans la rue, le récit des policiers est très différent


Illustration. (IP3 PRESS/MAXPPP)

Un homme âgé de 36 ans a été verbalisé ce lundi à Paris pour le non-port du masque. Ce dernier a expliqué dans plusieurs interviews avoir été « embarqué pour un délit de pain au chocolat ». Pourtant, la réalité des faits est bien différente selon les policiers.

Le port du masque est obligatoire dans Paris et les trois départements de la petite couronne depuis le 28 août dernier, afin de lutter contre le coronavirus. Pourtant, les policiers sont parfois encore obligés de faire appliquer la loi, et de verbaliser des contrevenants.

C’est ce qui est arrivé à un homme de 36 ans, se prénommant David, ce lundi matin. Celui-ci se trouvait dans la rue d’Amsterdam dans le VIIIe arrondissement de Paris lorsqu’il a croisé la route d’une patrouille de police. Il affirme avoir été verbalisé pour le non-port du masque ainsi que pour « outrage », alors qu’il mangeait un pain au chocolat. « Je finis vite de manger et je me dirige vers une poubelle pour y jeter le papier. C’est alors qu’un policier me regarde, droit dans les yeux, et s’approche de moi. J’avais le masque sous le menton », a-t-il détaillé à Ouest-France.

« Il [le policier] m’a demandé de monter dans la voiture de police, il a mis le gyrophare et m’a conduit au commissariat du VIIIe arrondissement », a-t-il poursuivi avant de déplorer cette situation : « Qu’on m’embarque pour un délit de pain au chocolat, c’est juste dingue. La situation est complètement folle… »

« Mais vous êtes sérieux, c’est du délire ! »

Nous avons pu consulter le compte rendu d’intervention des policiers de la Brigade territoriale de contact (BTC) du VIIIe arrondissement. Le récit des fonctionnaires est très différent et détaille une intervention respectant les textes de loi.


Ces derniers racontent avoir en effet repéré David dans la rue d’Amsterdam vers 11 heures ce lundi, à proximité de la gare Saint-Lazare. Ils étaient justement en opération de contrôle afin de s’assurer que les piétons portaient tous bien un masque. Selon leur récit, le trentenaire avait son masque au niveau du menton. Ils ont alors demandé au contrevenant de bien vouloir le porter correctement.

Une remarque que l’intéressé n’a visiblement pas apprécié. « Mais vous êtes sérieux, c’est du délire ! », s’est-il exclamé en criant, toujours selon les policiers qui précisent que sa réaction avait visiblement pour but d’attirer l’attention des autres passants.

« A aucun moment nous n’avons vu ce Monsieur manger »

Face au comportement de cet homme originaire de Cherbourg (Manche), les forces de l’ordre ont décidé de procéder à son contrôle d’identité. Ce dernier a réitéré ses propos. « Vous allez me verbaliser pour le masque alors que je l’ai ? Je mangeais mon pain au chocolat. Regardez, j’ai le ticket et je tiens encore le papier, regardez ! Mais vous êtes fous, vous êtes sérieux ? », a-t-il réagi, selon les policiers.

« A aucun moment nous n’avons vu ce Monsieur manger », précise le fonctionnaire dans son compte rendu. « Nous lui avons fait remarquer qu’avec son bout de papier à la main, il était passé à côté de deux poubelles sans rien jeter, qu’il devait porter correctement son masque puisqu’il avait fini de manger, et adopter un comportement courtois à notre égard », peut-on aussi lire.

L’homme n’avait aucun document à son nom

Par ailleurs, David n’avait aucun document permettant de justifier son identité. Impossible donc pour les fonctionnaires de le verbaliser. Ces derniers ont donc décidé de procéder à une vérification d’identité. Une mesure classique chez les forces de l’ordre qui est prévue par l’article 78-3 du code de procédure pénale. Le trentenaire a donc été conduit en voiture jusqu’au commissariat de police situé au 210 rue du Faubourg Saint-Honoré.

Sur place, son identité a pu être confirmée par un Officier de police judiciaire (OPJ) et l’homme a alors été verbalisé pour le non-port du masque à hauteur de 135 euros, ainsi que pour « tapages injurieux troublant la tranquillité d’autrui ». Une contravention d’un montant de 68 euros comme le prévoit l’article R623-2 du code pénal.

« Nos collègues n’agissent que dans l’unique but de protéger l’ensemble de la population »

« Le port du masque n’est agréable pour personne, y compris pour nos collègues, qui continuent à faire leur travail avec discernement afin d’assurer le respect des règles sanitaires en vigueur. », rappelle Loïc Walder, délégué en charge de la communication pour le syndicat UNSA Police.

« Nos collègues n’agissent que dans l’unique but de protéger l’ensemble de la population. Les comportements inconscients de certains réfractaires aux règles et qui n’hésitent visiblement pas à remettre en cause les policiers, constituent une réelle menace d’aggravation de l’épidémie », décrit-il.