Paris : Poursuivi pour «crime contre l’humanité» il est libéré à cause d’une erreur de procédure


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Ce colonel de guerre libérien été remis en liberté jeudi par la chambre de l’instruction de Paris.

Kunti K., âgé de 44 ans, se trouvait en détention provisoire à la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). Mis en examen pour « crimes contre l’humanité, actes de torture et de cannibalisme, utilisation d’enfants soldats et esclavage », il a recouvré effectivement la liberté ce vendredi.

Un chef de guerre surnommé « Ugly Boy »

Cet ex-commandant de l’ULIMO (United Liberation Movement of Liberia for Democracy, ndlr) avait été empêché de fuir au Portugal par son interpellation en septembre 2018 à Bobigny, par les gendarmes de l’Office de lutte contre les crimes contre l’humanité.

L’affaire contre ce Libérien surnommé « Ugly Boy » avait été déclenchée par une plainte de Civitas Maxima, en juillet 2018 à Paris. Il s’agit d’une association d’avocats et juristes qui représente les victimes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Une erreur de procédure

Le conseil du colonel Kunti K. avait demandé au juge un permis de communiquer avec son client détenu, mais le magistrat n’avait pas répondu. En conséquence, l’avocat a présenté une demande de remise en liberté de son client. Compte tenu de l’erreur de procédure commise auparavant, sa remise en liberté a été automatique.


Le colonel Kunti K. est soupçonné d’avoir commis des exactions pendant la guerre civile au Liberia, entre 1992 et 1997.

Selon un témoignage recueilli par l’association Civitas Maxima, il aurait ouvert le ventre d’un homme à coups de hache, dans le but de manger son coeur avec ses hommes. La plainte fait état également de mise en esclavage de personnes d’une ethnie différente de la sienne et du meurtre d’une femme considérée comme une sorcière, relate Le Parisien.

Kunti K. a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire national.