Paris : Un mineur la tête recouverte d’un sac lors de son interpellation, l’IGPN ouvre une enquête


Illustration. (Adobe Stock)

Une plainte a été déposée par un mineur de 15 ans qui affirme notamment avoir eu la tête recouverte d’un sac en tissu blanc lors de son interpellation à Paris. Une vidéo amateur des faits présumés a été diffusée par Mediapart, qui a révélé cette affaire.

Les faits se sont déroulés le 9 mars dernier dans la capitale, dans le XXe arrondissement. Sur les images d’une vidéo amateur qui dure un peu moins d’une minute, on aperçoit un individu qui semble menotté et qui dès le départ porte vraisemblablement un sac de couleur clair sur la tête. Un policier le maintient contre le mur avant qu’il soit amené vers la droite, probablement vers le véhicule des fonctionnaires. Puis la vidéo qui n’a pas de son, se termine lorsqu’un autre policier s’approche de la personne qui filme.

Selon le récit de Mediapart, ce soir-là, l’adolescent « est accosté par un inconnu qui lui propose un billet de 50 euros en échange d’un sac à récupérer auprès d’un autre individu. Effrayé, le lycéen refuse cette proposition », avant d’entrer dans un fast-food où il rejoint des amis. Une version que l’avocat du jeune homme a confirmé.

Le jeune homme affirme avoir été insulté et frappé

Toujours selon ce récit, deux hommes l’ont alors contraint « à les suivre », « sans décliner leur identité ». L’adolescent a ensuite été insulté, et frappé au visage avant d’avoir la tête recouverte d’un sac en tissu, selon ses déclarations à ce même média.

Pour la préfecture de police qui a été interrogée par Mediapart, les faits se sont déroulés lors d’une opération visant à arrêter « en flagrant délit des auteurs d’un enlèvement-séquestration, suivi d’une tentative d’extorsion de fonds ». Mis hors de cause, l’adolescent a été remis en liberté le soir même a indiqué la préfecture.


Une enquête de l’IGPN ouverte le 26 mars

Ce dernier a ensuite déposé plainte à l’encontre des policiers et une enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) a été ouverte le 26 mars dernier pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » a précisé le parquet de Paris.

« Ce dossier soulève une question importante: combien d’affaires similaires ne sont jamais révélées, faute d’avoir eu la chance d’être filmées ? » s’est interrogé Me Braun, l’avocat du jeune homme, cité par Le Figaro. « Mon client n’est pas dans une démarche vindicative, mais il a besoin que justice soit rendue », a-t-il ajouté, précisant avoir écrit à l’IGPN et au parquet pour leur signaler qu’il tenait la vidéo à leur disposition, mais qu’il n’a jamais reçu de réponse de leur part.